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Quel bonheur! Depuis hier, nous sommes à la campagne. Quel plaisir de m'asseoir dans le silence. Ici, le bruit de tondeuse d'un voisin semble loin et ne dérange pas. Avant de partir, nous avons finalisé le choix d'une céramique pour le dosseret du comptoir de cuisine. Quelle aubaine! Les trois dernières boîtes d'un lot qui d'ordinaire auraient été trop chères. Même à ce prix spécial, Lui maugrée mais se laisse séduire.
J'avais amené la nourriture du frigo de la ville à la campagne, ainsi, même pas de souci le plus élémentaire. Pour être tout à la joie d'être ici, dans ce chez moi. Quelques ombres sur le tableau. Mauvaise nouvelle sur un dossier qui coïnce. Passera-t-il à sa conclusion, on en sait rien pour l'instant. Espérons. Ma quiétude fut bousculée le temps des échanges téléphoniques puis j'ai balayé le tout d'un revers de la pensée. Ce dossier tout en stress depuis ses débuts ira selon son destin, voilà tout.
Celui qui devait couper le gazon étant happé vers l'ailleurs, son successeur voulant un prix nettement supérieur, se laisse désiré. Le terrain fut donc laissé à lui-même, envahi de pissenlits rendus à la phase du Je sème à tout vent! Du pain sur les planches donc pour Lui, le lendemain.
Hier soir, nous sommes allés marcher au village, aux abords d'un lac, sur le quai municipal. Tout est si paisible, comme en attente d'un été qui explosera - ou n'explosera pas - en riverains et vacanciers sentant bon la crème solaire. Ou la bière. Au retour, dans la pénombre, alors que nous prenions notre café et le biscotti, le future coupeur de gazon vient plaider son prix, ponctuant son langage de tous les sacres communs connus. Autour de Lui de se laisser désirer. Les laissant à leurs pas de deux, estimant que j'ai assez intervenu ainsi, je suis montée au boudoir, visiter mes livres!
La nuit dernière, l'arthrose m'a fait souffrir. Rien à voir avec l'humidité. Tout est dans le cercle vicieux du surpoids et des genoux usés, mais pas de perte de poids sans exercice, ne serait-ce qu'un peu de marche, qui réveille l'arthrose, et ainsi de suite.
Aujourd'hui, Lui tond le gazon. J'essaie de me rendre utile en ratissant l'herbe fraîchement coupée qui sent bon, tout en surveillant les mouches noires. Mes genoux sont inaptes pour le jardinage, contrairement à ma mère qui a toujours bien travaillé ses muscles et ses articulations.
Tôt levée ce matin, j'avais attrapé un livre de Jacques Pimpaneau, «Lettre à une jeune fille qui voudrait partir en Chine». Si savoureux que j'en ai lu, à haute voix, des pages entières à Lui, au petit-déjeuner. Voilà un livre qui ira en ville rejoindre ma trousse de l'étudiante perpétuelle du chinois.
J'alterne entre pousser la brouette pour transporter le gazon coupé et nettoyer le dépôt à bois. Entre quelques pages de lecture et quelques bouchées d'hors d'oeuvre préparées pour la visite de l'ancienne voisine. L'après-midi passe, ici et maintenant, sous un ciel magnifique, accompagné d'une brise fraîche.
Lui est allé se baigner au lac. J'allume un feu dans la cour pour brûler de vieilles lattes pleines de clous, rebuts de rénovation. Une autre nuit dans ma chambre fraîche, fenêtre ouverte mais drap d'hiver gardé.
Je me rend compte que je suis beaucoup plus à l'aise pour écrire sur ce vieux toshiba installé à la campagne que le petit mini, bon pour le voyage mais trop limité pour la ville. Il fera pour l'été en attendant que je verse au Mac pour de bon.
J'avais donc attendu d'être à la campagne pour mettre à jour un blog et une correspondance, pour lire des documents reçus pour approbation. Ce qui pouvait attendre quoi, un moment plus tranquille, des arguments et des réflexions. Dans le boudoir calme, je suis toute livrée à mes pensées. Je ne devrais plus l'appeler le boudoir puisqu'il est couvert sur les quatre murs de livres. Par la grande fenêtre, de mon petit pupitre, je ne vois que la verdure et un coin de ciel bleu. Lui a même installé le climatiseur dans la fenêtre, en prévision de quelques jours de canicule peut-être.
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