02 mai 2011
Je ne vois pas passer les jours

Hier c'était ensoleillé. Je comptais m'appliquer à mes affaires domestiques, comme cuisiner avant que ces pilons de poulet ne se gâtent. Comme vider le perchoir de tout ce qui l'encombre inutilement, par exemple, ces livres de recettes en anglais, très beaux, à couverture rigide et photos en couleurs, mais jamais servis.

Mais j'étais appelée dès 8h55. Lui partait tôt mais revenait une heure plus tard pour m'appeler en renfort, avant de m'envoyer carrément des clients au perchoir, pendant qu'il faisait face à la musique ailleurs. Les pilons de poulet ont cuit comme ils le peuvent, la salle à manger ramassée, je me suis habillée en trente secondes. Quinze minutes plus tard, j'ouvrais la porte d'une main, de l'autre, je répondais à l'iphone pour un autre dossier à distance.

Explications aux clients, rédaction de documents, début de négociation avant de manger un oeuf dur et un yaourt à la sauvette. Après-midi entre deux dossiers. La journée est si belle que les clients n'ont pas voulu rentrer chez eux trop tôt. Alors j'étais au parc, à côté des enfants qui se balançaient, procédant à la signature des documents sur une table à pique-nique. Dans un tel contexte, rien n'est stressant et les négociations ne ressemblent à rien.

Lui était dans un troisième dossier en parallèle, avec sur son bureau, les papiers pour déclarations d'impôt inachevées. Avant minuit, l'argent pour l'impôt doit être envoyé. Ce qui fut fait.

Fifille, la petite et le gendre sont bien partis à temps. Je ne vois pas comment nous aurions pu nous concentrer autrement. Quand même, la nuit dernière, alors que je n'en pouvais plus et me suis couchée vers 21h45, à 4h du matin, une idée qui me chicotait m'a réveillée complètement. Je devais informer une collègue de la marche d'un dossier mais j'avais appelé une autre, dans le feu de l'action. Une gaffe déontologique. Difficile de se rendormir ensuite. Heureusement, ce matin, j'ai appelé la personne et il n'y a pas eu de dommage, les clients concernés, qui auraient pu être lésés, se sont dirigés ailleurs, sans que l'on m'ait averti! Je me suis faite du mauvais sang pour rien!

Il y a aussi une copine qui vient de perdre sa mère à Bruxelles et que je n'ai pas pu rejoindre au téléphone depuis plus de vingt-quatre heures.

Aujourd'hui, visite à ma mère et à mon père. Les humeurs sont au beau fixe, mais dois-je le nommer ainsi? Le temps a changé lui et il pleut sous un plafond gris. Je suis sortie sans chaussette, à la course. L'autoroute est bondée! Ne me dîtes pas qu'ils vont tous aux urnes!

J'y suis allée moi, avec fils premier. Petit répit maintenant avant de repartir voir des clients.

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