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Une fin de semaine vouée au travail, les repas pris à l'extérieur. Même plus de pain dans le frigo, pas le temps d'aller au marché. Neige de printemps, coups de vent traîtres, nids de poule graves. Mais je ne me plains pas puisque les résultats sont là!
Quoique ... il y a ce dossier qui n'accouche pas, les clients et moi, cherchons une autre alternative. Il y va dans ce dossier de mon orgueil professionnel, même si je crois à une certaine fatalité ...
J'ai vu ce film argentin «Dans ses yeux» qui est très bon. Dans mes veines, coule ce même sang qui valorise les amours purs qui résistent à l'épreuve du temps et de l'adversité, au-delà des différences de classes et de conditions. À l'image d'une fleur de lotus non souillée qui s'élève dans une mare de boue.
Dans ce même climat mais colombien, comme sous ce même ciel, se situe «Chronique d'une mort annoncée» de Gabriel Garcia Marquez que j'ai lu un bout à la fois, tantôt chez moi, d'un exemplaire ramené de la campagne, tantôt chez ces clients, à temps perdu.
À la deuxième virée chez deux bouquinistes avec mon amie de Québec, j'ai acheté «Quatre générations sous le même toit» de Lao She, écrivain chinois de l'ère moderne. Le titre suggère déjà une époque révolue dans notre société contemporaine.
Quel est le lien entre ce film et ces deux livres, situés en deux mondes si éloignés l'un de l'autre? À mes yeux, il représente la somme de ce que je porte en moi, c'est à dire un présent très tourné vers la modernité avec tout ce que cela comporte, technologie, individualité, etc., combiné avec un vécu ancestral chargé de l'émotivité du donquichottisme, de l'honneur, de l'amour transcendé et du destin. Il représente le moi fragmenté, écartelé, mais retenu en un tout par simple volonté d'aller de l'avant le mieux armé possible. C'est-à-dire muni d'équilibre et d'harmonie que seul un tout peut l'être. En cela, on retrouve toutes les contradictions du monde.
En ces derniers jours, Lui et moi retrouvons la douceur de la tendresse, au-delà de l'unicité au travail. Je le note pour mémoire et non pour en parler de cette chose précieuse qui survit au couple, à la routine et au temps qui s'écoule, rarement parallèle, plus souvent étoilé comme un pare-brise qui lézarde.
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