|
Surprise. Quand j'ai ouvert la porte donnant sur la terrasse, il ne faisait pas froid. Mais toujours beau comme depuis les derniers jours. Malgré la démangeaison dans les jambes, je ne me résous pas à sortir. Il y a comme une complaisance entre ces murs, et un contraste entre tout ce qui circule par voie électronique et le peu de mouvements physiques. Le perchoir, un cocon d'où l'on arrive pas à s'en détacher. Un huis-clos.
La table est couverte par le journal et le magazine. Le journal de fin de semaine et tous ses cahiers épluchés, épivardés. Le magazine et toutes ses pages feuilletées. Des sujets variés m'interpellent et ma tête marche plus vite que mes pédales.
Lui me disait: «Ne cuisines pas! Nous mangeons trop!» et partait travailler avec une pomme. De mon côté, je me contente de deux oeufs durs et cinq feuilles de salade frisée. Mais je collationne avec des galettes de manioc à saveur de crevettes, bánh phồng tôm. Puis je sors chercher le pain de mie qui nous manque depuis trois jours. Mais la boîte de céréales est encore généreuse et le gruau je ne m'en lasse pas.
Sitôt la porte claquée, je sais tout de suite que je n'ai pas mes clés. Mais je compte marcher. Et puis tant pis, je resterai dehors jusqu'à son retour, voilà tout.
Des pas incertains. Mon genou inquiète toujours. Il me rend triste. Lui est revenu me chercher, moi et mes quatre sacs d'oranges. Ce soir, mon bon potage aux légumes et le homard à la nage.
Au cinéma, «Hanna» ne déçoit pas. Fraicheur et action, un mélange surprenant.
hier |