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Je rentre et sors du perchoir en laissant toutes ces présences derrière moi.
Son tapis de jeux et ses toutous dans le salon, sa chaise berçante dans la salle à manger et son lait dans mon frigo
Le coeur au chaud mais les jambes fatiguées, pas que «je» mais nous, Lui et moi, allons vers le parachèvement des négociations du dernier dossier. À notre avantage sans que l'on ne soit tout à fait heureux, puisque nous ressentons vivement la déception de ceux qui n'ont pas gagné la partie.
Quelques fonctions cléricales en tenue d'exercices en après-midi mais, de nouveau, Lui me dit que nous sommes attendus dans une heure ou deux à tel endroit. Heureusement qu'il y a l'option du ... «ou deux», le temps que je termine ce que je suis entrain de faire, me changer à nouveau après avoir retouché à mon maquillage léger, me recomposer une tête pour repartir. Faire bonne impression lors d'une première rencontre, mon nom m'ayant précédé ...
Les heures, les minutes s'envolent vite. Je ne les vois pas. Déjà, l'heure du souper. Je tiens à passer à l'épicerie faire provision de fruits. Dans ce grand marché, c'est la cohue. Une foule qui se jette sur les soldes du dépliant publicitaire. Une meute sauvage. Lui découragé veut abandonner nos emplettes pour repartir les mains vides. Je m'y oppose, le laissant dans la file d'attente pour partir à la pêche de quelques broutilles. À la caisse automatisée, cette femme qui apostrophe celui qui la suit: «Touches pas à mes affaires. Vas te faire foutre!» Je ne comprend pas cette rudesse. Je ne peux que deviner une vie de frustrations pour cette pauvre créature. Et je plains ceux qui vivent auprès d'elle, comme ce garçon d'une dizaine d'années. Son fils?
Manger au restaurant pour la deuxième fois de la journée. Je plains mon poids. Grimper au perchoir avec mes cartables et mes paquets. Je plains mes genoux. Mais ce soir, je remet ma tenue d'exercices pour en faire un peu quand même. Se faire violence chaque jour, comme tout humain domestiqué.
hier |