10 mars 2011
Jour 21è

À portée de main, ce cahier rouge, mon journal de 1974-75 que j'avais déjà mis en lien ici mais que j'ai décroché en pensant que sa traduction sommaire ne rend pas justice à la charge de mémoires qu'il représente, un tiers de siècle plus tard. Je le relis doucement maintenant, retrouvant des détails, des noms de personnes complètement oubliés. Mesurant l'ampleur de l'état de survie au jour le jour d'un temps révolu mais que la mémoire inconsciente est encore imprimée dans ma façon de faire de maintenant.

En comparaison, je trouve que le monde de Sally n'est pas à la hauteur dans ce devoir de mémoire puisqu'à force de flou artistique pour garder l'anonymat, je ne me retrouverai pas moi-même dans cette soupe glauque. Un point négatif donc du fait de sa publication en ligne. Quand au carnet moleskine, je gagnerai à y être plus régulière. Un jour peut-être il sera utile pour quelque descendant curieux de son aïeule. Mais encore, signe de ma confusion en une journée épuisante, j'avais daté un 30 février 2011. Qui sait, en additionnant tous les lapsus retrouvera-t-on les signes précurseurs d'une démence? En français, nous nommons facilement l'alzheimer tel quel alors qu'en anglais on parle souvent de «dementia» qui me semble plus terrible, non?

Aujourd'hui, temps gris. Je me dépêche de préparer la publicité de la fin de semaine avant d'aller voir ma mère. Elle est chez elle, tranquille, inchangée après un mois de voyage. Elle raconte un peu, pas trop, en oubliant les noms des lieux. Elle ne sait plus où sont ses clés et ne veut pas sortir, même pour aller voir mon père, pas encore. Il me revient la pensée des petits plats à cuisiner pour elle.

Pluies et mares d'eau partout dans la ville. Nous sommes allés manger un plat au restaurant chinois, un plat qui se rappelle à notre mémoire gustative mais qui n'est pas du tout à la hauteur de son souvenir. Nous nous sommes rendus ensuite à un rendez-vous d'affaires qui s'étire mais est-il porteur d'espoir?

Retour au perchoir où je me suis attardée sur le trottoir, en équilibre sur une motte de neige, distraite par l'armada de camions, tracteurs de différentes tailles qui défilent pour nettoyer le carrefour et un côté de la rue. Sur mon écran, fifille annonce un retour en ville bientôt ...

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