05 mars 2011
Pluies

Abondamment, toute la journée. Visibilité douteuse sur la route vers la campagne. La voiture lancée d'une main sûre, par trop confiante, assoupie parfois. Stress.

Dans ce coin cahoteux déjà l'été par l'asphalte absente à grands pans, l'hiver doucereux, rendu cabossé de neige fondante et de flaques d'eau glacée, les maisons semblent abandonnées, désertes. Dans la maison, apparition de grandes feuilles de gypse et de tuyauterie de cuivre, trace de préparation des plans de travail. Absence du rénovateur. Rien pour justifier ce déplacement à grandes éclaboussures. Ou si, pour ramener cette poche de terre à planter, ce sac de baies congelées, cette barre de chocolat entamée et ce carton de farine à crêpes. Si bien sûr, puisque je suis passée à cette épicerie locale qui s'approvisionne dans la région. Quand même, par temps de chien comme ça, les poireaux sont étonnamment frais et viennent de France. Tomates de serre, concombre anglais que de nom.

Retour en ville, sans descendre cette route sinueuse et sûrement traître pour aller à l'érablière locale. Mais au téléphone, l'homme nous assure que nous aurons toute la quantité voulue de petits flacons de sirop , couleur ambre ou clair, en forme de feuille d'érable, en prévision de la flopée de cadeaux à amener en France dans quelques mois. En guise d'épinglettes: nous sommes «canadian»!

Ce dossier en attente de traitement me talonne. Ce sous-sol infiltré d'eau m'agace, même si ce n'est pas moi qui est à l'avant pour le circonscrire. Justement, quand on ne prend pas les rênes, on fatigue plus. Régler, trancher, affirmer. Dans les eaux troubles, je fatigue.

Ce soir, je me suis laissée entrainer dans un film qui ne m'a pas distrait. Au contraire.

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