03 mars 2011
Jour 14è

Je n'avais prévu que deux choses à faire ce matin avant de partir à ma réunion de comité: mes exercices et la lecture des documents pour me préparer à la rencontre. J'avais quand même pris le temps de parler avec Lui, lui disant que ces derniers jours je me suis mise à penser que je serai Alzheimer un jour. Sans angoisse, sans anticipation. Comme une fatalité. Raison de plus de m'attarder à vivre le présent, lucidement, le plus pleinement possible. À mon âge, et je le dis sans drame, ni comédie, cela ne veut pas dire que je vais courir le tour du monde en avion supersonique, ou sauter en bungee, ou quoi que ce soit d'exotique. Il s'agit simplement d'être satisfaite de chaque jour, chaque geste, chaque moment.

Ma réunion était dans le Vieux-Montréal, à l'heure du lunch, dans la salle de conférence d'un bureau d'avocat. Une pièce sans fenêtre, tout juste fonctionnelle. Je me suis amenée un vrai sac à lunch-santé, encouragée par mes exercices. J'ai pris la puce pour arriver à l'heure, avec en tête le souvenir de la dernière réunion de ce même comité où je me suis rendue en retard, ayant marché de la Place des Arts jusque là.

Très bonne réunion. À 13h30, tout le monde s'est dépêché de retourner à leurs affaires. Moi je reprenais la puce pour aller visiter mon père. Temps magnifique et froid. Autoroute bondée.

À la banque, je suis allée régler un problème irrésolu après avoir eu recours au service en ligne, à un appel au service à la clientèle, une visite à la succursale, etc. Une histoire de compte fermé unilatéralement par la banque sans que j'en sois avertie d'aucune manière, sans que l'on puisse après coup me donner une explication non plus. Il se trouve que c'est un compte que je dois tenir par disposition de la loi, même si je ne m'en sers pas. Avec obligation annuelle de déclarer ses activités ou inactivité, s'il-vous-plaît. Bref, qu'est-ce que je fais moi, tombant des nues, quatre mois plus tard, sans activité, sans compte et sans possibilité de produire une preuve à ma déclaration? Et la banque, cette machine sans visage, en constante mouvance de personnel qui n'a de réponse à rien tout en débitant en douce des frais partout.

Sans tambour ni trompette, mais quand même joignant le geste à la pensée, je reprend en main quelques affaires, au lieu de compter sur Lui qui aurait abordé des situations d'une toute autre manière. Question d'autonomie, de satisfaction aussi. De limiter en quelque sorte les effets pervers de la vie de couple par ailleurs trop fusionnelle. Plus de trente ans partenaires dans la vie et en affaires, ce n'est pas rien.

Et bien, cette entrée a pris une tournure que je n'avais pas prévu en le commençant ...

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