19 février 2011
Jour 2è

Samedi citadin. S'extirper du lit. Résister à l'envie de flâner chez soi. Au cours de la nuit, une petite couche de neige est venue draper la chaussée bien dégagée des derniers jours de redoux. Partir coûte que coûte. À travers des rues qui s'extirpent lentement, elles aussi, de la nuit. Garer la puce dans cette petite rue en face de la tour de Radio-Canada, entrer dans ce centre réputé comme lieu de rencontres de conférences de tous genres, croissance personnelle, nouvel-âge, etc.

À l'intérieur, une ruche. Comme un foyer qui couve du charbon incandescent. Conversation des générations, des jeunes, des vieux, pas de sénilité à l'horizon, ni d'immaturité non plus. Des gens ouverts et sérieux, animés du désir de contribuer, de réfléchir ensemble pour un demain collectif.

Je suis mal faite. Je suis là mais je pense à ceux qui n'y sont pas. Les autres, tous les autres, mais aussi les miens, un de mes fils en particulier. Il me semble qu'il y trouvera sa voie, avec le grand coeur qu'il a, et ses valeurs, et son donquichottisme.

Je ne me suis pas intégrée à une table de discussion, en restant observatrice, échangeant avec les animateurs, mangeant ensuite un sandwich froid, bio, végétarien. Assez insipide, j'avoue. Repartant en après-midi vers d'autres occupations personnelles.

Laisser au bureau de ma soeur un gros pot de sauce à spaghetti et des cigares aux choux. Aller au magasin d'entrepôt un samedi après-midi c'est se lancer dans la cohue des citadins investis dans la course à la consommation, pour se nourrir certes, mais aussi pour La sortie familiale de fin de semaine. J'y suis allée puisqu'il n'y a plus du tout au perchoir les trois incontournables pour Lui: le café, les noix et le jus de pomme. Mais aussi quelques douceurs d'un autre genre pour nous: oreillers en mousse à mémoire et gel.

J'ai aussi fait ce que j'ai réussi à ne pas faire depuis près d'un an: tomber dans la talle de vêtements pour bébé. Me voilà avec l'excuse de chercher pour un petit bonnet, endossée par l'autre excuse du rabais d'un jour de 30%, je suis sortie avec une combinaison, deux pyjamas, un gilet, deux bonnets et une paire de souliers minuscule et rose. Et l'excuse suprême: la possibilité d'échange ou de retour si cela ne convient pas. Très fort, l'emprise du marketing sur nos comportements.

Je suis repartie dans le froid qui s'installe avec les coups de vent traîtres. Embouteillage de la sortie des magasins, du samedi et des travaux routiers. Je suis en retard à un rendez-vous d'affaires alors que je me suis prise d'avance. Tant pis. Retour au bercail enfin.

Une soirée à lire les journaux de la fin de semaine. Me coucher la tête pleine.

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