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Hier, le gendre s'est acheté une voiture. Ils sont donc repartis ensuite, à deux voitures, vers l'Abitibi, par temps désagréable, arrivant sans encombre au milieu de la nuit. Pendant ce temps-là, en ville, je me tenais les côtes pour tousser, et communiquais par voix rauque et ténue à des appels qui n'arrivent qu'aux pires instants. Prévoyante, je renvoyais les rendez-vous à dans deux ou trois jours.
En faisant naufrage sur le canapé au salon, j'ai pu voir ce reportage de PBS sur Reagan dans la série sur les présidents américains. Ce regard dans les coulisses est des plus instructifs.
Aujourd'hui, je suis toujours entre quatre murs. Il fait très beau dehors. Alors que j'essaie d'avancer quand même dans ma correspondance, personnelle et professionnelle, me viens un goût de «giò kho». Petit pâté de porc cuit, puis recuit en sauce salée, avec gingembre et cassonade. Un petit plat du terroir, inventé en apprêtant des restes. Impossible de trouver une illustration ou une explication pour faire un lien. Je suis sûre que c'est mon rhume et mon palais qui ne goûte rien qui me fait rêver de ce plat à déguster avec le riz blanc étuvé. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Mon plat a aussi des morceaux de tofu, pas trop salé pour ne pas heurter le palais à «Lui». Je crois que je vais ajouter un peu plus de gingembre.
Ce soir, j'ai l'impression de «guérir». Au milieu de la nuit, forte de thé au citron et de vitamine C, la lucidité vient en rafales. Impression de vivre et de broder un projet.
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