06 février 2011
Et si je lis un peu, des journaux, entre autre

J'ai repris ce matin le recueil Albert Camus pour commencer à lire «La Chute» que je n'ai jamais lu auparavant. Ainsi, dès la première page, je n'ai pas reconnu la plume et j'ai été surprise du ton. Je crois que je vais reprendre même la lecture des premières pages pour y accorder une attention plus sérieuse.

Camus y a écrit ceci en 1956: «Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs. Une phrase leur suffira pour l'homme moderne: il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition, le sujet sera, si j'ose dire, épuisé.» Eh bien, il sera bien surpris par l'homme de nos jours qui ne lit plus du tout, même pas les journaux, mais des «twit» de pas plus que cent quarante caractères à la fois! Un vrai «twit», dis-je, qui pépie et sautille à perdre haleine. Mais est-ce qu'il fornique vraiment et lit? J'en doute. Excusez cet insolent rapprochement des sens que je n'ai pu m'en empêcher!

Aujourd'hui, une cliente a décommandé. Un autre dossier louvoie, vers la bonne destination quand même, je l'espère. Un peu de temps passé avec ma mère qui est bien inspirée par son voyage prochain. Souper intimiste au quartier chinois avec elle, une soeur, un frère et une belle-soeur.

Ce soir, comme toujours, je tourne en rond, fais tout ce qui me tombe sous la main, et plus encore. Comme par exemple, me mettre à la fenêtre pour regarder les tracteurs qui déneigent ainsi que leur technique. En pensant à la première fois que nous, mes soeurs et moi, assistions bouche bée à une telle opération en hiver 1975-1976, à la fenêtre de notre premier logis montréalais.

Je ne me suis mise à table pour lire mes documents qu'à 2h du matin passé, après avoir grignoté et pris un thé. L'impression d'avoir toute la nuit devant soi, comme si c'est l'éternité et rien de moins.

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