23 janvier 2011
Dans la nature

J'avais dormi avec un châle sur la tête, roulée en boule sous les deux couettes. La prochaine fois, j'amènerai ma couverture électrique. Matinée vite passée avec la petite que j'ai prise en photos, alors que ses parents partent aux commissions. Elle s'est endormie sur moi, sans chichi. Je l'ai déposé doucement pour écrire quelques lignes.

Déjà presque 15h, l'heure de reprendre le bus dans le sens inverse. - 30 degrés qu'il faisait.

Le bus est parti avec deux minutes de retard. Je n'étais pas sur la première rangée mais à la quatrième. Deux heures plus tard, à 16h55, le bus s'est arrêté, tous feux éteints, sur l'accotement. Le soir descend, le chauffeur nous apprend que c'est un bus flambant neuf qui n'est qu'à son deuxième voyage. Rapidement, il nous informe que nous sommes à peu près à sept-huit kilomètres d'une halte, avec casse-croûte. J'estime que je pourrai marcher s'il le faut. Je suis assez bien habillée, manteau long avec capuchon, bottes confortables, mais béret et gants de ville. Nous étions dix-neuf passagers. Seize femmes, un enfant, deux hommes. Une musulmane voilée, une métisse africaine, une amérindienne, une vietnamienne, ... Plusieurs têtes blanches. Mais la route 117 est bien fréquentée, il n'y a pas de quoi s'inquiéter.

Il fait - 32 degrés. Rapidement, la toilette dans le bus est pleine puisque la chasse d'eau ne fonctionne pas. Je remet mon manteau, le pare-brise est givré, le froid s'installe vite. Le chauffeur a pu communiquer avec son bureau. Quand à nos téléphones portables, ils sont inutiles. Nous sommes dans la Réserve faunique de La Vérandrye. Une demie-heure plus tard, un autobus nolisé d'une équipe sportive locale passait par là. Il nous a tous amené jusqu'à la halte. J'ai mangé un repas chaud, pris mes médicaments, prête à attendre la suite.

La musulmane est assurément une enseignante. Elle a sorti des crayons de couleur pour divertir l'enfant. Elle m'a prêté sa carte d'appel pour avertir Lui qui s'est surtout inquiété si la compagnie va nous payer au moins un repas. La compagnie est nulle part, même le chauffeur est resté avec son mastodonte immobile. Je suis attentive aux compagnons de route pour offrir mon aide si quelqu'un montre des signes de manque pour se payer un repas. Un appel est vite arrivé: un autre autobus est parti de Val D'Or et sera là vers 20h.

Le vieil autobus qui est venu à notre secours est frigorifié mais au moins il roule. Je suis arrivée à Montréal avec plus de deux heures de retard, sans mal. La halte est plus qu'une halte. C'est un camp de chasse et de pêche. J'ai failli acheter quelque chose dans sa boutique de souvenirs, un tipi en peau, un canard de bois, à défaut de t-shirts, mais je me suis retenue.

Les loups ne sont que sur la frise décorative au casse-croûte!

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