03 janvier 2011
Des poissons et des lapins

Ce matin, j'ai pris note d'une certaine hésitation avant de plonger sur un dossier, par téléphone, avec une cliente. Un dossier qui change de direction et qui est repoussé à dans quelques semaines puisque la cliente s'en va en vacances. Mais une autre revient dans cinq jours. Confirmation d'un troisième pour jeudi. Un quatrième hésite. Je me consacre à un cinquième cet après-midi. Je ne sais pas encore par quel bout relancer le sixième et la septième qui sont interdépendants. Le huitième est réservé pour la prochaine fin de semaine. Le neuvième rode en veille technologique. Et ainsi de suite. Surtout ne pas s'emballer. De toute façon, il y aura embouteillage dans quatre, huit ou dix semaines.

Entretemps, je suis les péripéties d'une amie retraitée qui peut donc se permettre de passer trois mois au Việt-Nam, dans ma ville d'enfance et de jeunesse. Évidemment, elle raconte des paysages, rapporte des goûts et des saveurs, rencontre des amies d'enfance et des flirts estudiantins. Je ne suis pas la seule à suivre ses reportages, photos à l'appui. Plusieurs sont verts de nostalgie. Et moi j'ai une réaction inverse, une révélation même. D'une certaine façon, plusieurs vietnamiens ont maintenant une vie paisible et une stabilité économique. Certains rivalisent de luxe et d'abondance même, alors que moi je souscris à une sobriété de bon aloi. On dirait presque que ce contresens me donne un certain mouvement de recul alors que d'autre part nous souhaitons passer quelques semaines là-bas en novembre prochain.

Ne pas oublier que chez moi c'est ici, dans la froidure nordique, dans l'Amérique insensé, avec mon «gentil poisson rouge». Je racontais à mes frères et soeurs il y a quelques jours que dans mes assemblées australiennes, Lui était le seul non-vietnamien mais bien à l'aise dans le contexte. Nous riions tous alors que quelqu'un disait qu'il était le seul poisson rouge dans une colonie de poissons blancs. Et Lui qui ajoutait: «... mais le poisson ne savait pas qu'il est rouge!» Je racontais l'anecdote aujourd'hui, par courriel, à une amie bruxelloise qui a ainsi envoyé en retour un bonjour au Gentil Poisson Rouge.

Aller chercher ma mère pour rendre visite à mon père. Lui caresser la tête. Calmer sa gloutonnerie à manger si vite son gâteau aux carottes qu'il s'est mordu la lèvre. Le changer parce qu'il s'est mouillé, devançant ainsi le préposé qui s'en venait avec ses gants de caoutchouc pour faire exactement cela. Profiter de l'occasion pour faire remarquer à ma mère que l'on s'occupe très bien de lui, même lorsque nous ne sommes pas là.

Ce soir, une collègue est arrivée avec vingt-cinq minutes de retard. Une autre m'a posé un lapin. Pas trop grave, j'ai mis à profit le temps d'attente pour planifier mes jours.

À propos de lapin, le Nouvel An lunaire arrive le 3 février. Ce sera l'année Tân Mão ou l'année du Chat. Mais pour les chinois, c'est l'année du Lièvre. Je viens de commander en ligne les nouveaux timbres commémoratifs de Postes Canada.

Mon cactus de Noël fleurit en retard ... mais mieux vaut tard que jamais! Tout comme pour ma révision de chinois, la nouvelle session ne recommence qu'à la fin du mois, me donnant ainsi une autre chance de me reprendre!

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