27 décembre 2010
Temps suspendu

Revenir doucement à la normale, après une longue nuit. Cuisiner, manger liquide et frais. La petite a pris son bain, pleure pour la forme et babille ensuite, couchée dans son lit. Instant paisible. Je ne me sens ni pressée, ni aux abois. Rien ni personne ne m'attend. Trêve hivernal.

À la fin du jour, je reprend Camus. Toujours la même impression d'avoir lu «La Peste» il n'y a pas si longtemps. Ne déposer le livre que pour prendre la petite et la garder quelques heures, le temps que ses parents fassent leur tournée de commissions comme à chaque fois qu'ils sont en ville.

Coup de fil d'un ami de retour de longs voyages d'affaires. Inde et Brésil. Et moi qui jongle, sans me résoudre à téléphoner à l'autre ami de Besançon. Malgré mes promesses. Non, je ne vais pas me créer de la pression toute seule.

Malgré ce que je viens d'écrire, comme mes idées se clarifient en écrivant, je sens revenir la vague des obligations et intentions. Le chinois à réviser. Le beau-frère et ses enfants à recevoir demain. La moitié du clan pour le réveillon du Jour de l'An à ma maison du nord. Et l'agenda de janvier qui se noircit.

Horloge appelée Great Australian Clock sous la voûte de verre du Queen Victoria Building, à Sydney. On y lit aussi que c'était le dimanche 21 novembre, et non le 20 comme indiqué par le dateur de mon appareil, mal ajusté après ce grand bond vers l'hémisphère sud. C'était, il y a cinq semaines déjà!

En ce moment même, la petite dort dans son petit lit. Grand-papa roupille au salon. Je m'illusionne que le temps est suspendu ...

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