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Enfin aujourd'hui, nous avons pu faire les courses nécessaires en prévision du voyage. Après avoir ramené une voiture à son concessionnaire en fin de location de cinq ans, après avoir réparé tous les bobos causés à la bête par cinq conducteurs différents. Une affaire de régler, je ne vous raconte pas toutes les péripéties.
Pour les courses, nous sommes allés chercher d'autres sandales Crocs pour tous les deux, un chapeau Tilly à rebord d'un look très «australien» pour lui. Mais pas de vêtement. Au fait, j'ai réessayé des vêtements d'été ramenés de la campagne qui me font très bien.
J'ai plutôt ramené au magasin un ensemble de literie tout neuf, jamais ouvert, acheté il y a dix jours. Et subi le même affront qu'il y a deux ans, quand j'avais ramené des bottines achetées pour ma mère qui n'en voulait pas. À ce moment-là la vendeuse m'a regardé de la tête au pied et m'accusait que les souliers avaient été portés. Ce n'était pas le cas, évidemment. Aujourd'hui, pour des draps qui ont exactement les mêmes plis de l'emballage, la vendeuse reniflait le tissu, soupçonnait même que j'ai dormi dans les draps, les lavant ensuite avant de les retourner. Elle a fini par les reprendre en m'accordant un crédit, comme il y a deux ans, au lieu de me rembourser. Ce sont des magasins différents dans les deux cas.
J'étais offusqué certes, sans en faire une tempête, puisque je comprend pourquoi. Il y a des gens qui font ça, pas que des immigrants, mais j'imagine qu'il y a beaucoup d'immigrants dans le lot. Alors voilà.
Parfois, et plus souvent qu'on ne pense, Lui me sert de rempart contre toute forme de discrimination. Imaginez, moi qui parle parfaitement la langue, qui est plus québécoise que bien d'autres, très intégrée socialement, qui en vit encore de ces situations. Imaginez un arabe, un européen de l'est, un noir, etc. avec un gros accent, des manières distinctes, etc.
En racontant l'histoire à Lui qui m'attendait en voiture (je ne vais pas quand même pas le trainer en magasin pour retourner des draps, d'autant plus que quand l'affront se présente, on ne le voit pas venir), il me disait que c'est un monsieur qui a déjà travaillé pour la Banque mondiale, bardé de sept diplômes qui est l'opérateur du dépôt de pneus usagés où il vient de conduire la puce pour la chausser pour l'hiver. Impossible pour lui de se trouver un autre emploi.
Ce soir, esprit en paix, nous sommes allés manger sur le boulevard Saint-Laurent, dans la petite Italie. Avec dans le fond de la tête, l'histoire du patron de la mafia italienne qui vient de se faire assassiner chez lui, dans la plus pure des traditions hollywoodiennes. Juste devant le restaurant, un café ... italien avec ses néons éclatants. Rappelons aussi que quelques cafés italiens recevaient des cocktails molotov dans la vitrine, témoignant de tensions sous-jacentes. Mais le plat de linguinis aux fruits de mer est excellent, l'hôtesse filiforme et le restaurant d'un modernisme frigide, si ce n'est de cette musique entrainante qui réchauffe l'ambiance. Nous avons tout aimé, jusqu'aux verres à eau au rebord très fin et de forme ballonnée.
Ce soir, malgré l'heure tardive, puisqu'en Australie c'est seize heures plus loin, j'ai essayé le numéro de téléphone de la cousine. C'est bien elle au bout du fil, après quarante ans. Rendez-vous pris pour bientôt. Cette conversation brève m'a touché d'un drôle d'effet. Pourtant ce n'est pas une cousine proche. Alors que l'ancienne compagne de lecture de nos années lycéennes fut froide au bout du fil et je n'ai pas eu le même effet du tout. Je les verrai toutes bien sûr. Deux cousines et leurs familles, deux copines et leurs époux au moins. du coup, il faut que je cours pour des cadeaux aussi.
Avec toutes ces émotions, je suis entrain de me coucher tard ...
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