08 novembre 2010
Libre ou attaché?

Voir ma mère et manger avec elle. Elle est d'un calme qu'apparent et moi d'un flegme composé. Nous sommes allés aux commissions pour moi plutôt que pour elle. Un semblant de normalité. Avant que mon père ne soit dans son home, elle avait toujours besoin de quelque chose au magasin. C'était le cadre de sa normalité. Maintenant qu'elle habite encore chez elle alors que lui n'y est plus, on dirait qu'elle se refuse à toute normalité. Comme si sa vie normale s'est arrêtée là et que la présente n'est qu'un sursis.

Une détresse que je ressens plus vivement quand je suis loin d'elle et que je pense à elle. Avec elle, je veux surtout être le bâton solide sur lequel elle peut s'appuyer. Et puis, lui parlant de mes fils ou de ma petite-fille, indirectement je veux rappeler à son conscient et subconscient que la vie continue. Et que je suis solidaire puisqu'un jour, moi aussi, je passerai mon chemin. Et que, même seulement après trente-trois ans de vie commune, je comprend viscéralement ce que c'est que d'être séparée de son compagnon de vie de soixante ans. Et que, après le tamis du temps qui a distillé les heurts, les douleurs et les différents, seul l'attachement demeure. Je lis et relis moi-même sur le non attachement (l'article se prolonge en bas de la pub) bouddhique pour me renforcer. Ce qui m'amène à souhaiter à reprendre sérieusement la méditation.

Concert au home. Une trentaine de têtes blanches, somnolentes ou distraites, en fauteuils ou chaises roulantes, autour d'une pianiste et d'une violoniste. Mon père est là, être foncièrement social, libéré de ses inhibitions. Le simple fait de le voir la rassure. Qui a besoin de qui à présent?

Ramener ma mère. La laisser seule pour les prochains quelques vingt-quatre heures, je ne suis pas rassurée, jusqu'à ce que, un frère ou une soeur, prenne le relai. C'est ainsi.

Ce soir, réunion de conseil d'administration, avec la présence de nouveaux administrateurs élus pendant mon dernier voyage. Je manquerai probablement la prochaine, pour cause du prochain départ. Sang neuf, nouveau regard. Retour dans la pluie, un bout à pied, avant que Lui ne vienne me chercher. Brusque changement de tempo qui me laisse sans voix. Littéralement.

Nouvelles d'Australie. Je suis presque tentée de réserver d'autres segments de vol et puis non de nouveau. Restons sur notre plan terrestre au gré de nos pas et de petits bonds d'automobile. Conduite à gauche s'il-vous-plaît. Et attention aux kangourous.

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