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Asseoir mon double d'hier, qui est plutôt mon complément pour être plus juste, une bonne demie-heure, à table. Juste pour parler. Exprimer mon anxiété. Partager notre vision du moment sur nos enfants, leur vie, la nôtre. Leur avenir à chacun, la nôtre. Tout ce tour d'horizon avant d'arriver au décompte des jours et de ce qui nous attend d'ici à mon départ. En plus de tout ce que j'entends faire pour que la table soit nette, que ce qui m'attend à mon retour soit prêt aussi, pour que je puisse partir apaisée.
Faire le ménage de la lingerie. Continuer à nourrir la valise des articles à donner. Trier de la paperasse, toujours de la paperasse. Effectuer des dons aux organismes choisis. Préparer ce qu'il faut amener à la campagne, si je peux y aller dans les prochains jours. Commencer à mettre sur le lit de la chambre d'amis tout ce que je vais amener en voyage. Aller chercher les médicaments nécessaires pour la durée du voyage.
Mais aussi, inspecter une propriété, déterminer des mesures d'ajustement. Rendre visite à une locataire qui a eu son bébé, il y a cinq semaines. Serrer sur moi un garçon énergique, toute une autre sensation que d'avoir ma petite-fille toute menue, dans le creux de mes bras.
Et puis ce soir, du travail, l'amorce d'un dossier, une négociation. Prise au clavier à répondre aux multiples courriels, je brûle les patates douces. Mais tout va bien, tout est sous contrôle, disons. Il me revient cette phrase de Marc Aurèle: «Mon Dieu, donne moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux».
hier |