13 août 2010
un vendredi 13

Tôt hier matin, aux abois comme tard la veille, je me suis lancée: billets d'avion achetés pour l'Australie en novembre. Contentement suivi d'une série de courriels pour m'excuser auprès des amis au Việt-Nam puisque je n'irai pas les voir avant la fin de l'année. Dernière chance pour «fêter» les quarante ans de notre bachot dans l'enceinte même du vieux lycée.

Les glaïeuls du jardin de ma mère sur ma table. La «belle» vaisselle de ma belle-mère défunte sur la table de sa petite-fille. Son prénom comme second prénom à sa toute nouvelle descendante, tout comme le prénom de l'arrière-grand-mère, encore vivante, de l'autre famille. Ah, cette histoire de rangs de mailles et de lignées des générations m'attendrit comme toujours.

Parallèlement, Stephen Hawking vient de déclarer qu'il est difficile d'éviter une catastrophe planétaire dans les prochains cent ans, c'est-à-dire du vivant de ma minuscule petite-fille, et de mes enfants! Risque de déchirure du tricot de la vie, un drame. Qu'est-ce que je fais moi, dans ce contexte, pour me rendre utile, mis à part le fait de recycler et vivre le plus écologiquement possible? Peut-être essayer de voir à ce que je peux faire pour contribuer à verdir le béton!

Hier soir, malgré la flemme, nous sommes retournés aux exercices DS. Nous en sommes ressortis en nous félicitant d'avoir cassé la léthargie de ces six semaines d'absence, motivée certes.

Aujourd'hui, triste nouvelle du décès d'un garçon, ce jeune homme, brillant sujet du collègue où je fus très active, il y a quelques années. Toute la journée, je suis obsédée par le trou béant qu'il laisse dans sa famille très unie. Mais ils sont très catholiques et je leur souhaite d'y retrouver refuge et consolation.

De nouveau, nous sommes allés à la maison du nord, apportant la dizaine de gallons de peinture aux hommes. Il faut dire que le peintre en titre a amené sa femme en renfort. Il paraît qu'elle est meilleure dans la «dentelle». Hier donc, stress avec Lui qui me talonne pour choisir les couleurs. J'ai réussi à trouver pour deux chambres et les deux salles de bain. Rien pour ma chambre et la cage d'escalier. Aujourd'hui, explications et petits dessins à la peintre qui va commencer cette fin de semaine.

Déjà, avec ces aller-retour, je «vis» dans cette maison. À chaque fois, j'y prépare un repas et nous mangeons sur la terrasse, en tête-à-tête. Être présents aux travaux comporte des avantages et désavantages. Nous inventons sans cesse des détails de finition et interrompons les hommes, mais c'est plus heureux ainsi que de regretter ensuite.

Souper aux moules ce soir au bord de l'eau, en ville. Les canards s'ébrouent, tout comme les jeunes garçons qui s'élancent du quai. On sent quand même le sursis de l'été avant que la page ne soit tourner.

Ce soir, étrange impression de remonter le courant en recherchant les numéros de téléphone d'anciens collègues des affaires associatives. Au bout du fil, me sentir nettement remonter à la surface de leurs souvenirs pour ensuite leur annoncer cette nouvelle du décès du jeune homme, contemporain de nos propres enfants. Surtout ne pas trop tomber dans le mélodrame. Je ne sais pas encore comment offrir mon aide à la famille, hormis une visite lointaine au salon funéraire.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

--> 1