11 août 2010
La vie belle

J'aime cette journée, ce vingt-quatre ou trente-six heures qui suivent un retour de voyage. Comme des retrouvailles heureuses avec l'immuable dans les méandres duquel il y a de ces imperceptibles changements que l'on n'aurait pas remarqué autrement. Et puis il y de ces banales beautés que l'on avait oublié de voir avant. Partir c'est mourir un peu on disait, mais c'est aussi partir pour revenir plus fort, plus réconforté dans nos acquis et notre félicité. Vous dire combien j'étais heureuse hier!

Les deux fils, ces deux-là qui ne s'entendaient pas tant mais qui sont souvent ensemble maintenant, sont venus me voir, me questionnant sur mon voyage de graduation à l'état de mère-grand, d'un ton de bienveillance enveloppante. L'autre arrivait plus tard à la course, si heureux de me prendre dans ses bras.

Et puis, quand nous sommes sortis, arrivaient les voisins pour nous féliciter, me donnant l'accolade pour la première fois depuis que nous habitons côte à côte. Au restaurant chinois, voilà que Lui informait même le restaurateur de notre nouveau statut de grand-parents. Quel climat! comme si notre vie «doit» en être transformée! Et moi, en émergeant de la sieste, qui est-ce que je voyais sur l'écran de mes paupières closes: le minois de la petite! Réel comme si je l'ai là dans mes bras!

Comme pour me réapproprier dans la ville, j'ai voulu aller me promener dans le Vieux-Port hier soir, prenant des photos comme si je serai dans une ville étrangère, avec le sentiment de retrouver devant moi et en moi ce qui est «mien». Dans le soir qui descend, nous nous sommes promenés, en paix.

Il me semble que cette tour, ce repère, que je prends en photo plusieurs fois déjà, n'a jamais été aussi belle, aussi rassurante.

Aujourd'hui, visite à mes parents. Et sortie avec ma mère. Constater avec désolation des travers. Revenir à la course pour partir avec lui à la campagne. Manger sur la terrasse, après avoir nettoyé la cuisine quelque peu. Voir le voisin, maître de chantier pour redire le débarquement de la grande famille à la fin du mois, histoire de confirmer l'avancée des travaux.

De nouveau, il faut que je choisisse les couleurs de peinture pour trois chambres. En plus de récupérer une écaille de peinture au salon, pour retrouver la composition de la même couleur. Et la cage d'escalier? Vais-je me lancer pour faire disparaître cette couleur qui y est depuis plus de dix ans, depuis avant mon arrivée. Pour la première fois, j'entreprends la réfection de cette aile des chambres.

Sur la toile et au clavier que j'arpente dans tous les sens, impossible de trouver les billets d'avion au prix intéressant pour l'Australie. Faut-il me lancer ou attendre encore?

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