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Depuis deux jours, Lui est reparti. Le même jour, arrivaient ma soeur et son mari, qui sont eux-mêmes repartis cet après-midi. Entretemps, bouffe et re-bouffe. Ma soeur aime cuisiner. Je continue l'opération de congélation de petits plats pour plus tard, quand le zèle de la nouveauté sera retombé et que le train-train du quotidien fatiguera. Temps variable, orages et coups de vent.
J'ai terminé le premier tome d'Anna Karénine, sans que les longues descriptions de moeurs ou de personnages ne m'ennuient. Mais cette lecture me donne des complexes et je suis sur le point d'effacer le projet d'écriture qui m'avait emballée. Écrire des impressions et des émotions, c'est bien beau pour soi-même, mais ce n'est rien pour un autre. Surtout si cet autre ne vous connaît pas du tout. Quand à celui qui vous connaît un peu ou un peu plus mais toujours de l'extérieur, celui-là croît compléter le portrait qu'il a de vous. Mais ce n'est rien, ce n'est qu'un reflet de lui-même. Ou un reflet de ce qu'il croît savoir.
Au fait, fifille m'a donné l'idée de relire aussi «Guerre et Paix» mais je ne crois pas pouvoir le faire avant de partir pour l'Europe. Je vais au moins le trouver et le garder sous la main comme j'ai fait pour Anne Karénine. Seulement, la reliure du premier tome de ce dernier d'une édition suisse de 1967 s'est abimée à force d'être trimballée comme je le fais.
Ce soir, nous apprécions retrouver la quiétude de la «vie à trois». À mon premier souper ici, le gendre avait dit: « Donc nous commençons notre vie à trois?» À ce moment-là nous ne savions pas si nous allons attendre l'arrivée de bébé quelques jours ou quelques semaines. J'avais répondu que non, la vraie vie à trois c'est quand la petite sera là. Voilà que nous n'avions attendu que trois jours et mon retour à Montréal se dessine déjà pour la semaine prochaine pour les laisser vraiment à leur vie.
D'épisode en épisode, mes jours abitibiens sont variables comme le temps, soleil et pluie se succédant, mon baromètre intérieur est quand même bien moins dramatique, sans pour autant échapper aux trois poisons tham sân si selon l'enseignement bouddhique. C'est que mon ngã n'est pas encore pur. Je me comprend.
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