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Hier, je suis partie très tôt prendre l'autobus de Val D'Or, avec une lourde valise rouge, heureusement elle a des roulettes, une petite noire et deux bagages-main.
La veille, en soirée, voilà qu'une cliente se manifeste. Je l'ai vite transférée à Lui qui la connaît déjà. J'espère que tout se passe aussi bien qu'au dernier cas qu'il a traité avec brio, il y a, exactement deux semaines, quand j'étais en Floride.
L'autobus était bondée d'une clientèle jeune et bigarrée, riche en anneaux et boulettes, au bord de la narine ou de la lèvre, généreuse en jeans troués et cloutés. Le trajet était ponctué de nombreux arrêts pour sans cesse décharger et reprendre de cette faune qui, je conçois, aurait été bien mal prise dans leurs petits patelins, ou au bord de la route, au milieu de nulle part. Il y a même cette jeune femme qui déménageait, avec un bébé dans les bras, et une demie-douzaine de sacs-poubelle remplis, en plus de ses valises. Un chauffeur d'autobus très patient et des gens avares en remerciements, je constate.
Un temps frais à la pluie. Un crachin comme en bord de mer, alors que nous sommes plutôt dans les forêts. Ils sont venus me chercher à la descente de car. Fifille est grosse sans être lourde. À la maison, une grande chambre m'attend au sous-sol, à moins que je ne préfère être en haut, dans la chambre d'amis qui est aussi le séjour pour regarder la télé. J'ai installé mes quartiers en bas tout en gardant mes réserves pour dormir en haut, au cas où je me sentirais peureuse dans la nuit.
Aujourd'hui, après une bonne nuit, je me suis installée à la cuisine avec le minibook et mon café.
Temps variable. J'ai préparé une soupe wonton. En fin de journée, nous sommes allés chez un ami à eux pour un mechoui. Cabane en bois rond, bord de rivière, plage sérieuse comme le niveau d'eau est assez bas par manque de précipitation. Une quarantaine de personnes qui ne m'intimident pas pour autant, pas comme dans une ambiance de réception guindée en ville. Sanglier, chevreuil, boeuf, porc et dinde en broche. Nous sommes bien dans les bois! Au coucher du soleil, l'autre rive de la rivière s'est teintée d'un ton or si joli que j'aurai voulu avoir mon appareil-photo sous la main. Mais je n'ai pas voulu arriver chez les gens le nez en l'air comme un touriste!
Mon projet d'écriture est bien parti mais je ne compte pas en parler ici. Du moins, pas maintenant. Il se peut qu'il me rendra plus distraite de l'écriture d'ici. Mais ce sera ainsi.
Ce soir, nous avons vu le film «A single man». Déconcertant parce que je ne m'attendais pas au sujet, mais je suis empathique. Ce qui me dérange c'est la voix de Colin Firth doublée en français, une voix «vieille».
Le titre de cette entrée est une référence à l'oeuvre de Balzac, «La Comédie humaine», dans laquelle on trouve, «Scènes de la vie de province».
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