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Retrouver ses routines, c'est facile. Dans mon cas, il suffit de s'accrocher à son bras à lui. Pour faire ses petites commissions aux magasins de grande surface. Il cherche une tuile de vinyle résistante aux négligences des locataires. Il achète des 18-litres de peinture, couleur drabe passe-partout. Entretemps, je cherche une inspiration pour le revêtement de cuisine et l'aire de service à la maison de campagne.
S'accrocher à son bras veut aussi dire être soumise aux mêmes propositions de restaurant, aux mêmes plats, du poulet dans son cas. Il ne faut pas trop se plaindre de sa fadeur, de risque qu'il n'offre son bras à d'autres! De retour de voyage, même de quelques jours, l'on apprécie cette stabilité!
Hier, j'ai repris la puce de Smart. Quelle liberté! Ailleurs, l'on se soumet à la conduite des autres, même sans problème, c'est restrictif! Repartir vers l'est, chez mes parents. Même routine, même pâté au saumon acheté pour le repas de midi. Mon fils donne le bain à son grand-père sans mon aide, c'est touchant. Puis sa grand-mère lui donne quelques casseroles qu'elle n'utilise plus.
Nous allons ensuite dans son nouvel appartement. Confort de l'installation. Échanges téléphoniques avec sa colocataire sur le repas qu'ils vont se faire le même soir. Stabilité rassurante. Il veut aller acheter de nouveaux draps avec moi. Voilà le seul fils qui demande mon aide et mon opinion. Pas les autres. Lequel est le plus mature de tous? Qu'importe!
Cinéma hier soir, The Sorcerer's Apprentice, divertissant mais sans surprise.
Aujourd'hui, dentiste. Trois caries en-dessous de vieux plombages de plus de dix ans. Gel en haut à droite, en bas à gauche, ferme les yeux, ouvre grand la bouche, j'en oublie de respirer. J'émerge près de deux heures plus tard, gelée jusqu'au menton, jusqu'à la tempe. Humeur maussade quand les jumeaux sont arrivés, chacun de leur côté. Alors que le plus jeune se fait prier, ils débarquent facilement ces deux-là. L'un revient de camping aux États-Unis, l'autre s'en va à la pratique de rugby. La voiture est utilisée sans relâche.
J'ai repris le livre qui traine à mon chevet, «Le livre du sel» de Monique Trương, une inconnue pour moi.
de toute évidence c'est l'écriture d'une lettrée, une lettrée vietnamienne, même si son livre est classé littérature américaine. À la trentaine de pages lues, j'ai déjà reconnu l'écriture soignée d'une lettrée et l'essence culturelle vietnamienne. Mais son parcours personnel est définitivement américain.
Je lis comme si je fais une recherche, assise à mon bureau, sur le bord de ma chaise. Je scrute les mots, fouille les phrases, jauge, apprécie, relis. Ma chaise de lecture et son appuie-pied dans la chambre ne servent pas. Quand vais-je enfin lire étendue, de façon oisive? Ou encore sur le balcon de la chambre qui est en retrait de la rue, en savourant la brise et le thé? Quand viendra la première fraicheur de l'automne, je viens de me faire la promesse.
hier |