23 juin 2010
Des gens et des choses

Je me souviendrai de cette période, avec les déplacements en ville, course à obstacles à cause de nombreux travaux routiers, souvent sans voir un seul ouvrier au travail mais des cônes orange partout partout. Et le pont Champlain que je traverse plusieurs fois par jour, avec le stress de la circulation au ralenti. Deux fois aller-retour l'autre soir, quand la copine qui loge chez moi a ramené sans le savoir le sac à main de même couleur qui appartient à quelqu'un d'autre. Et l'autre qui a failli faire une crise d'apoplexie puisqu'elle repartait tôt le lendemain matin, le passeport étant dans le sac qui a fait un détour chez moi.

Je recevais hier midi quelques copines en commandant des sushis, avant qu'elles ne partent au jardin botanique, alors que moi j'allais voir mes parents. Une visite qui fut un baume pour ma mère et l'occasion d'une douche à mon père puisque la remplaçante préposée des services sociaux a refusé de lui en donner une un peu plus tôt. Un souper rapide avec eux avant de revenir prendre la copine. Au lieu d'une soirée tranquille à la maison pour reposer nos panses trop bien nourries ces derniers jours, j'ai encore reconduit la copine qui a enfin rejoint d'autres amies à elle. Au retour, je me suis nourrie d'un artichaut et de fromage cottage. Et de quelques moments en paix ... pour téléphoner à gauche et à droite préparant les prochains jours. Non, je n'ai pas fini de festoyer! Et de célébrer ...

Ce matin, des courses. Cet après-midi, un tremblement de terre que j'ai entendu vibrer longuement, debout dans le bureau. Lui était assis à sa table de travail, attendant une communication téléphonique. Un des fils était assis à la mienne, lisant des nouvelles à l'ordinateur. C'était juste après le fajitas au poulet qu'ils ont dégusté sans moi. Moi qui n'ai pris qu'un verre de lait au soya et une barre de céréales.

Et puis c'est le film «Departures» que mon amie de Virginia a apporté expressément pour moi. En plein après-midi, lui et moi avons pleuré abondamment. Quel écart entre la vie effervescente de la ville dans le présent et la quiétude de petite localité projetée! Sans parler de ce symbolique toute orientale, pour ne pas dire japonaise. Et les rites, la dignité, la réconciliation. Et l'adieu aux armes, dans le sens de baisser les bras et de se soumettre au destin, avant de retrouver la grandeur là où elle se trouve.

Ce soir, le nième conseil de famille avec mes frères et soeurs. Charge émotive et difficulté de communication. Lui et un beau-frère, au salon, tendent l'oreille vers la courbe graphique des émotions, sans intervenir, en faisant comme si ils ne sont pas là. Même si c'est difficile nous avançons toujours dans le tissage inexorable de la toile de soutien à mes parents. Revient sur le tapis la question d'habiter avec ma mère dans un avenir très rapproché. Suis-je partante ou pas? Je suis mitigée.

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