|
Hier, épuisante journée. Partir à Québec tôt avec des collègues, restée assise de la voiture à la salle de conférence et de nouveau sur la route pour revenir. Douze heures de réunion formelle et informelle, fatigue extrême. La prochaine fois, je prendrais une chambre d'hôtel la veille pour être en meilleure forme pour la réunion, mais aussi pour avoir le temps de voir ma bonne amie de Québec.
Aujourd'hui, lasse mais libre, je suis sortie avec ma mère. Après déjeuner, je suis vite rentrée pour que nous puissions partir à la campagne, pas assez vite cependant, pour y croiser le fils qui est allé récupérer les électroménagers entreposés dans le garage.
L'arrivée à la maison de campagne est toujours magique. La véranda accueillante, les deux chaises de détente qui nous y attendent. Le gazon impeccablement frais coupé. À l'intérieur, une certaine odeur d'humidité, comme nous ne sommes pas allés depuis six semaines. Nous n'y avons pas dormi depuis trois ou quatre mois. Pourtant, c'est si simple de partir ainsi, avec la brosse à dents et mes médicaments seulement. Mais j'avais oublié ce que nous avons dans nos réserves et le frigo. Drôle de séance à l'épicerie à tourner en rond.
Ce n'est pas trop frais mais j'ai quand même allumé le foyer. À la télé, cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde en Afrique du Sud, colorée et vivante. Dans la maison, avec la clarté de cette saison, nous sommes décalés dans le temps, mangeant enfin à l'heure française. Une paix presque miraculeuse s'installe, le portable à lui ne sonnant pas à tout bout de champ comme d'habitude.
Le voisin est venu. Il entreprendra bientôt les rénovations que nous avions décidées. Démolir le mur entre les deux chambres. Enfin, je vais faire quelque chose pour vraiment aménager une chambre plus à mon goût, après dix ans dans cette maison. Je fais démolir deux garde-robes et orienter le lit différemment. Peut-être sera-t-il plus fengshui pour lui qui y dort mal et moi qui enfin aura ma tête de lit recouverte de toile de Jouy.
Aujourd'hui, j'ai retrouvé l'expression de mes deux chez-moi ainsi que les appellations que je leur affublais au début de ce journal: le refuge et le perchoir. Ça leur fait bien toujours, je trouve.
hier |