01 juin 2010
Vie courante

Hier, après une très courte nuit, après une veillée à essayer de tout faire, sous l'emprise d'adrénaline, de trop de thé et de pensées tumultueuses, la journée fut longue et fastidieuse.

Lui avec ses deux petits trous sur l'iris, ses quatre gouttes de cortisone par jour, se porte très bien. Plus encore, il a travaillé très fort sur ses dossiers, négociant et argumentant ferme, revenant tard au bercail sur les rotules quand même.

Après toute une journée avec mes parents, je suis revenue en zigzaguant, à dos de puce. Je sais, c'est dangereux parfois, avec les couloirs de pistes cyclables et leurs cyclistes, avec les poids lourds et leurs chargements. J'ai passé la soirée sur le qui-vive parce que c'est la première séance de travail de fiston chez ses grands-parents. Pour ne pas être de reste je me suis lancée en cuisine, préparant mes propres sandwichs à la vietnamienne, xá xíu maison, margarine à l'huile d'olive, marinades kim chi, coriandre. Je suis enchantée des propriétés médicinales de cette herbe si aromatique.

Après cinquante minutes à attendre mon plus jeune fils devant chez lui, temps que j'ai mis à profit en écrivant dans le moleskine, pour récupérer mon batteur de cuisine, j'ai terminé la préparation du noble pâté. In extremis, ma mère a décidé que le pâté de saumon d'habitude ne lui tente plus. En plus de me dire que non, elle ne veut pas des darnes de mérou tout frais, comme elle «n'aime pas» le poisson, elle qui vient de manger à midi des sardines en conserve directement de la boîte.

Évidemment, le sac de nourriture que fiston viendra chercher le lendemain matin pour les amener chez mes parents est prêt quand je me suis couchée courbaturée, en me trouvant folle et obstinée.

Aujourd'hui, pluie et grisaille. Payer les taxes foncières par internet, me sauvant de la file d'attente. Imprimer des documents légaux, faire des copies, attendre de les livrer. C'est là que l'histoire se corse: jeu de cache-cache au téléphone. Incapable d'attraper une personne qui ne se sauve pas, j'en suis sûre, mais comme elle est «courtisée» par plusieurs, ce n'est pas simple. Pire encore, j'ai manqué un appel à 18h! Où étais-je? Tyrannie des moyens modernes qui nous tiennent au bout du fil, le bureau ambulant, accessible en tout temps. J'ai fini par aller livrer le document à 21h, sans connaître l'avancée du dossier.

Tous ces petits contre-temps m'ont mis dans un état épouvantable. Il est grand temps que je m'éloigne un peu. Surtout que je viens juste de voir le film «Samsara» qui m'a ramené à la source.

Est il préférable de satisfaire mille désirs ou d’en dominer un seul?

Au fait, comment faire cohabiter sérénité et vie courante. Faire concourir le vide et le plein.

Occasion pour moi de me plaindre sur la quiétude autour de chez moi. Alors que c'était un quartier vivant avec ses heures de paix, maintenant, les camions passent et repassent souvent, captés dans le labyrinthe des sens uniques. Comme nous sommes à la limite de deux quartiers, nous subissons les camions de recyclage et de vidange des deux quartiers, deux fois la semaine. Et puis, récemment, nous commençons à être juste en dessous du trajectoire des avions, décollant ou atterrissant, parfois tard en soirée. Évidemment, avec les fenêtres ouvertes du temps présent, c'est comme si je suis assise dehors, sur le trottoir.

Dernière anecdote et non le moindre, notre voisin nous signale qu'une jeune femme racole juste au coin de la rue, entrant et sortant des voitures garées parfois sous ma fenêtre, battant le trottoir en alternance. Une fois, revenant d'une course, nous trouvons sur la boîte vocale, la voix du voisin surexcité: «Elle est là! Elle est là! C'est elle, vous l'avez-vus?» Ah franchement, laisses-la tranquille, voulez-vous, la pauvre, il faut bien qu'elle gagne sa vie ...

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