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Répercussions difficiles du dossier qui coince. J'en rêve la nuit! Malgré tout, une bonne journée hier. Ma soeur et son mari sont de retour de Bolivie. Le fils qui a beaucoup gardé ses cousins sont enfin un peu plus libre. Un peu de temps pour lui et moi en après-midi. Le temps de prendre le pouls de sa propre sérénité. J'ai des amours de fils quand même, faut-il que je me le dise souvent.
J'ai repris le chemin des épiceries pour des achats plus substantiels: des kilos de viande pour le xá xíu, une caisse de mangues Ataulfo, plusieurs boîtes de crevettes congelées. C'est que le simple riz frit que j'ai préparé il y a deux jours fait des heureux chez mes parents. Chez moi aussi, les petits soupers sainement et rapidement préparés prennent le pas sur les sorties au restaurant juste par flemme de se mettre à la cuisson.
Temps magnifique. Et infernal dès les premières heures du matin avec les réfections du perron de la maison voisine. La scie mécanique siffle, en vrillant nos tempes, pour couper les dalles de pierres naturelles qui viennent coiffer les marches déjà coulées au béton. Tant de profusion de moyens et de matériaux pour un «artifice», l'escalier, somme toute strictement fonctionnel. Quand je pense que, ailleurs, les gens vivent sous une bâche de plastique, ou même un morceau de carton, et rien d'autre pour se construire un toit. Mais les hommes n'ont jamais ménagé ressources et efforts, briques et pierres, pour bâtir des églises à la gloire de ... Faut croire que cet escalier est peut-être implicitement à la gloire et à la vanité de personnes.
Aujourd'hui, impossible de partir à la campagne comme prévu, comme je suis toujours en attente du fameux dossier. Lui avance les deux autres. Le fils d'hier est venu manger. Les deux hommes ont décidé de faire les changements dans la salle à manger. La table ronde en travertin si conviviale est maintenant installée, la table de verre est descendue au garage. Évidemment, pour dégager la pièce, deux chaises sont de trop et je ne sais pas encore où les mettre. Peut-être même dans ma chambre à la campagne, après que j'aurai fait abattre un mur pour agrandir, intégrant ainsi le boudoir dans la même pièce.
14h56: Je viens de recevoir le coup de fil attendu. Rendez-vous dans une demie-heure. Dénouement, cadeau empoisonné ou choc des titans? Je ne fais pas confiance au rire doucereux au bout du fil.
17h21: Me voilà revenue, soulagée. Espoir même pour un autre dossier possible. Ce métier n'est jamais un long fleuve tranquille, plutôt un foisonnement de chutes et cascades. J'allais oublier ... après une chute, il y a toujours comme un vide d'un silence assourdissant.
Ce soir, Lui tenait à ce que nous allions manger ailleurs, simplement dans un comptoir au Centre Rockland. Il me suivait aussi dans une boutique, me faisant acheter d'autorité deux petites vestes d'été. Il faut croire que mes vêtements récemment acquis l'inspirent, mais aussi que le dénouement du dossier le soulage autant que moi-même. Voilà un des avantages de faire le même métier, mari et femme!
Ce soir, enfin libre, j'ai vu le film The Children of Huang Shi, loué depuis trois jours. Satisfaction de comprendre quelques paroles en mandarin.
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