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Deux jours dans mon lit du nord, repos technique sans répit de toux. Deux fils sont venus, le troisième est retenu par ses travaux académiques. Formation très réduite pour le clan, nous n'étions que douze adultes et trois enfants. C'est très reposant. Il a fait moins chaud qu'à Montréal. À l'arrivée, il a fallu pelleter pour dégager la terrasse des deux pieds de neige restante. Les rues sont souillées de sable et de gravier, le terrain détrempé. Le lac a conservé sa gaine de glace.
La nuit dernière, après un traitement au Baume de Tigre et friction énergique, j'ai dormi douze heures, alors que la toux persiste. Plus qu'une friction, ma soeur et ma belle-soeur se sont mise à deux pour me gratter le dos avec une pièce de vingt-cinq cents. Même principe que les ventouses. La révulsion me laisse avec des trainées violacées sur le dos, comme un squelette de poisson avec des arrêtes, et sur la poitrine, comme un collier africain déployé. Le procédé est sensé décongestionner et ranimer le système immunitaire.
Aujourd'hui, nous sommes revenus en ville puisque le troisième fils pourra venir souper avec nous. Il est arrivé avec tout son linge dans son papier et un sac vert, sale évidemment, qu'il lavera lui-même. Mais qu'il ne pliera pas si je n'ai pas été là. Quand je pense qu'il termine la session bientôt, alors que son frère subit la grève à l'autre université, depuis bientôt deux mois.
Lui servir une salade verte avec filets de poulet sautés. C'est tout ce qu'il me reste. Arriver par hasard sur une partie du film «Shadowlands» et en pleurer. Découvrir C.S. Lewis derrière le film, une autre heureuse rencontre grâce à l'Internet. Moi qui ne savais pas que c'est lui qui a écrit Les Chroniques de Narnia.
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