31 janvier 2010
Vents et turbulences

Deux jours bousculés! Le petit chausson jaune serin me nargue sur le côté de ce clavier. Il attend toujours son double que je n'ai pas pu réaliser encore, malgré tout mon bon vouloir.

Très belle sortie avec ma mère vendredi matin, alors que mon père commençait à prendre la routine des sorties en camp de jour, presque très normalement. Entourloupettes et soubresauts pour l'organisation de mes rendez-vous de samedi. Souper chez ma soeur de la Rive nord où nous sommes arrivés après un grand détour dans ces enfilades de rues banlieusardes, Laval, Bois-des-Filion, Lorraine, etc., tout en jonglant sur nos chances de trouver une baguette de pain aussi. Nous sommes très loin de notre coin montréalais où tout est à portée de main, à distance de marche.

Il y a longtemps que je n'ai pas fait une grosse journée de travail comme samedi dernier. Même si c'est lui qui conduisait et entretenait les conversations. Sans compter que ma mère a tombé dans la nuit du vendredi au samedi, et que une de mes soeurs a réagi fortement, par courriels comme en paroles. Au travers des rendez-vous, nous passons voir mes parents aussi, pour constater de visu.

Samedi soir, deux fils passaient à la maison pour souper, de côtelettes grillées à la course, marinées en après-midi, toujours entre deux rendez-vous, avec sauce soja en moins, puisque je n'en avais plus. Grillades pâlottes donc, et la maison un peu enfumée. Je me suis couchée la tête vide, sans pouvoir tricoter ou écrire.

Je suis allée à mon cours de chinois ce matin à reculons, n'ayant rien révisé ou pratiqué depuis deux semaines. Mais la gymnastique mentale au cours m'a sauvé. Je me suis sentie rééquilibrée, retrouvant mes ailes. Il ne faut pas que j'oublie que cet apprentissage du chinois n'a pas d'autre but que mon propre plaisir. Et que, par réflexe conditionné, je l'ai déjà sacrifié en d'autres temps.

Ce soir, je pense que lui a trouvé de bons locataires pour notre autre demeure. Il ne reste que les vérifications usuelles en pareille circonstances. Et puis nous sommes allés souper chez mes parents d'un bún bò huế préparé par ma soeur. Autres discussions s'en suivent sur l'évolution de la situation de mes parents.

Alors que dans les nouvelles, on ne parle que de cette dame atteinte d'Alzheimer morte de froid parce qu'elle a sorti dans la nuit en petite tenue, cet après-midi même, alors que un de mes frères, une de mes soeurs sont dans la maison avec eux, mon père est sorti dehors en pyjama et pantoufles. Il a déjà traversé la rue, avant que quelqu'un ne l'ait rattrapé.

Alors que les pires scénarios hantent certains de leurs enfants, le vieux couple se retire dans les chambres, cramponné à leurs habitudes, effrayé devant la perspective d'un changement. Et moi, j'essaie d'être lucide.

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