29 janvier 2010
Un chausson avec ça?

Hier, jour de tempête et de grands vents. Sushis et sashamis avec une professionnelle du milieu éducatif. Est-ce que nous avons encore quelque projet à faire ensemble? Oui, les bonnes volontés sont là, mais aurons-nous le temps et l'énergie nécessaire à d'autres levées de poids?

En après-midi, lui m'a conduit à quelques commissions. Je voulais aller à la recherche de quelques magazines de tricots, juste pour voir, je me disais. En chemin, un fils nous a attrapés au vol. Si nous passons le prendre, il viendra avec son panier pour faire sa lessive. Et discuter du choix de l'ordinateur qu'il a demandé à son père d'acheter. Un autre nous a rejoint aussi. Non, il ne prendra pas l'autre voiture le soir même, comme convenu.

Détails anodins certes pour quiconque ne nous connaît pas. Mais les avertis sauront que nous avons des ailes pour nous occuper des nôtres. Et puis hier soir, gardant un oeil distrait sur mes rendez-vous à venir, délaissant affaires associatives et collectives, me voilà, fouillant dans les pelotes de laine.

Quelques heures plus tard, c'est-à-dire tard dans la nuit, j'ai tricoté un petit chausson jaune serin. En pensant à la petite robe blanche avec collerette dorée, au petit paletot marine et à la petite veste courte que j'avais tricotés plus d'un quart de siècle plus tôt, à fifille. Évidemment, la décision est prise, quelque part dans ces réflexions, de tricoter. Comme un réflexe très simple pour assumer l'avenir.

Tant pis pour l'objectif de lecture, pour les pratiques de chinois, etc. Mais je vais essayer de tenir bon pour quelques dossiers quand même.

Aujourd'hui, l'autre volet de mon plaisir, tant que ça dure, m'occuper de mes parents. Je le pense et l'écris sincèrement. Les ailes devant la perspective d'être grand-mère sont amples, couvant aussi mes parents qui m'avaient déjà tant donné aussi. Non pas parce qu'ils sont mes parents seulement, mais ils avaient mon âge quand les jumeaux étaient nés. Ma mère a toujours été là pour les petits-enfants, du temps où moi je n'avais pas compris l'essence de la vie, courant au devant des défis professionnels.

On disait que lorsque l'on est monté sur le dos d'un tigre, il faut bien le chevaucher. Oui, nous étions montés sur la grande vague, comportant charges et responsabilités. Mais on disait aussi que l'on a toujours le choix. Oui, si l'on veut bien admettre que l'on a le choix. Combien d'entre nous se réfugie derrière les expressions: «Je n'ai pas le choix!», «Je suis obligé ... », «Il faut que ...», ou «Je dois ...»

Pour couper court à ces épanchements, disons que vingt ans passés, malgré nos grands efforts, le tigre nous a bien jetés à ses pieds et ce sont ... nos enfants qui nous ont sauvés de la perte de sens!

«Un chausson avec ça?», je parodie l'employé de McDonald qui pousse le chausson aux pommes quand on ne veut qu'un café ... Je répond avec z'ailes: «Oui, un autre, s'il-vous-plaît.»

Un autre chausson jaune serin, ce soir!

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