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Si fébrile que j'ai cassé la routine de l'entrée de journal aux deux jours pour en parler le jour même.
Je suis à fleur de peau depuis quelques jours. Émotive au possible. Tant et si bien que tout ce que lui fait et dit a l'effet d'un ours dansant sur une table de vaisselle fine.
Remaniement du blog sur mon réseau d'entraide. Me voilà qui écrit un vietnamien si élégant que la québécoise en moi s'étonne!
Après-midi à travailler sur le nouveau dossier. Il n'y a pas à dire, pour ce qui est de routine de travail, lui et moi connaissons nos pas de danse de pros. Cueillette de données, prise de photos, mise en place du plan de match, préparation des clients sur le déroulement, etc.
Circulation difficile de vendredi après-midi. De plus, le soleil éclatant distrait et éblouit les automobilistes. Quelques courses pour préparer la venue des trois fils au souper de ce soir. Aussi, nous sommes allés chercher mon jeune neveu pour l'amener acheter des livres, en guise de cadeau d'anniversaire.
Heureusement, je n'avais qu'à réchauffer mes plats en arrivant. Voilà quelques mois que les trois fils ne sont pas venus ensemble ainsi pour souper. Il règne une énergie et une harmonie d'enfer entre les trois, qui sont sortis ensemble hier soir et passeront encore la soirée ce soir chez l'un d'eux. C'est si bon de les voir apprécier mon canard, et converser avec leur père. Et se partager avec plaisir, les plats que j'ai cuisinés pour eux, les mets vietnamiens que j'ai achetés en plus. Nous discutions de leurs projets d'été, de nos occupations, de ma fébrilité présente aussi. Chaleur affectueuse et tendresse bourrue.
Alors que nous étions encore à table, un de leurs cousins a téléphoné à l'un d'eux, à la réception du courriel envoyé par fifille. Enfin, la nouvelle fut annoncée au clan. La nouvelle que lui et moi avons reçue comme un cadeau depuis le 23 décembre, partagé aux fils depuis le 30. Mais les principaux intéressés voulaient attendre pour être plus sûrs encore.
Vous l'avez deviné? Non? alors voilà, si tout suit son cours normal, je serai grand-mère cet été.
Ils ont des collègues qui ont perdu leur bébé dans les premiers mois, alors ils ont voulu attendre trois mois. Attendre de voir un médecin, attendre de l'annoncer au patron de fifille, pour remanier ses conditions de travail avant. Elle n'ira plus à la mine, ne quittera plus sa maison pour aller au devant de son quart de travail, logeant trois nuits par semaine dans un appartement de fonction. Enfin, des conditions de travail normale, jusqu'à son congé de maternité normal. Ces détails ne furent conclus que depuis les derniers quarante-huit heures. Hier c'était sa dernière journée à la mine. Aujourd'hui, elle devait écrire un courriel à la grande famille. Voilà la raison de la montée de ma fébrilité, comme une montée de lait!
Après que les trois fils eurent quitté ce soir, nous nous sommes remis au travail sur le même dossier, à fin de pouvoir partir demain matin pour la maison du nord. Fébrilité toujours puisque même nos ordinateurs déraillent! Pourtant, j'ai bien vu hier soir: ce n'est pas la pleine lune, mais plutôt un beau croissant bien accroché, comme un hamac balançant au-dessus de la ville.
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