21 janvier 2010
Vie ample et inquiète

Hier matin, l'Orchestre symphonique en matinée m'a ramené le sourire aux lèvres, me faisant mesurer du même coup ce que c'est une vie sans musique, sans bain de culture. Sans cette énergie insufflée d'ailleurs. Je me suis sentie pleine et comblée après.

À vrai dire, depuis le catastrophe d'Haïti, il en faut pas grand chose pour se dire que déjà l'on en a trop, et de souffrir par osmose, du complexe de l'imposteur. J'ose à peine vous dire que je cuisine du canard en ce moment, dans une recette goûteuse et parfumée. Un luxe, dans la circonstance. Un luxe, en tout temps.

Alors donc, cuisses de canard du lac Brôme, à faire mijoter avec les cinq épices, du gingembre, des marrons, des châtaignes d'eau, des graines de lotus, des champignons shitaké et des pousses de bambous. C'est incroyablement goûteux. Hier après-midi, j'en ai préparé avec ma mère. Aujourd'hui, j'ai fait une autre casserole que lui savoure autant que hier. Demain, les fils aussi en mangeront.

Hier soir, une pièce étonnante chez Jean-Duceppe, où la prestation de Mélodie Lapierre, une petite chinoise adoptée, dans la vie comme dans l'histoire, fut magnétique. La critique y trouve des incohérences, mais justement il faut accepter de l'irrationnel dans notre monde de trop de certitudes.

Aujourd'hui, longue journée assez infructueuse puisque je me suis investie dans l'importation de photos, pour rien. Ce soir, au TNM, «Le bourgeois gentilhomme» revisité sous la mise en scène de Benoit Brière. Des costumes incroyables, le ridicule est tel que je ne ris pas.

Au travers de toutes ces sorties culturelles, des dossiers se faufilent. Et beaucoup de réflexions sur l'allure de cette année. Je suis dans l'attente d'un changement, heureux certes, mais bousculant. Trop d'espérances confondues, ça fait peur. Depuis la semaine dernière, j'ai ressorti ce médaillon en or, représentant Quan Âm, acquise depuis plusieurs années, avec des prières en sanskrit inscrites au dos du médaillon. Il sera à mon cou au cours des prochains mois. Déjà, il me rassure au toucher. Déjà, il me console, me fait accepté l'incompréhensible comme ce séisme qui sévit toujours et encore, ce matin même.

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