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L'autre soir, j'ai très très mal dormi. Pourtant, la deuxième sortie de mon père en centre de jour s'est bien passée, alors que j'étais seule à l'accompagner à l'autobus du matin. Pourtant, la sortie des cousins, ils étaient quatorze jeunes à partir en trois voitures, pour deux jours, dans une seule suite d'hôtel, sans fumée mais beaucoup de plein air, s'est bien déroulée aussi. Mais ça c'est après coup. Moi, je ne dormais pas par anticipation, inquiète avant l'heure! Les miens ne sont pas les plus petits, ils font partie des plus vieux, ceux qui sont responsables des autres. Et leur responsabilité me pesait ...
Nous sommes quand même partis à notre maison du nord, où j'ai beaucoup dormi et ... étudié mon chinois. J'ai travaillé toute la journée, traçant ma calligraphie avec application, forçant mon doigt sur le crayon, et ma mémoire sur les expressions. Tant et si bien que je n'ai pas travaillé sur mes livres du tout cette fois-ci.
Lui, pendant tout ce temps-là, écoutait en boucles les vieilles chansons des Beatles, et Shania Twain. Les premiers le rendent nostalgique de sa jeunesse, la seconde lui donne le sourire. Tant et si bien qu'aujourd'hui, il m'a amené dans le quartier de son enfance, dans cette banlieue désarticulée. Ce qu'il n'a pas fait depuis au moins dix ans. Sur sa rue, il a fait le rêve éveillé que la maison du coin, celle qui est face au bord de l'eau, sera en vente. Effectivement, elle est en vente. Mais heureusement, il a trouvé la rue laide, et ses maison sans façon.
Un petit tour de voiture donc dans cette région du nord-ouest de l'île de Montréal. Il me montrait successivement les maisons de sa première, deuxième et troisième petites copines de sa jeunesse, mais ne se rappelle pas du tout même de l'âge de la toute dernière qui me précédait, il y a trente-deux ans. J'étais curieuse de cette incursion, non pas dans le passé, mais dans la tête de mon double. Il est vrai que la deuxième moitié de notre vie est si pleine que nous avons tendance à faire abstraction de la première. La deuxième étant ensemble, la première c'était avant que l'on se connaisse.
En fin d'après-midi aujourd'hui, les jeunes sont revenus, heureux et détendus, malgré qu'ils se sont faits vandaliser deux des trois voitures, dans le garage de l'hôtel, au cours de la nuit. Rassurée, j'ai amené du renfort chez ma soeur pour nourrir tout ce beau monde, pour ensuite ramener quelques uns au bercail.
Déjà nous dressons le menu du Nouvel An lunaire qui arrivera dans quatre semaines. Indéniablement, la vie de clan est un remontant, et une assurance-qualité dans ce monde des incertitudes.
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