06 janvier 2010
Aller de l'avant

L'autre soir ne fut pas qu'un soir mais une nuit. Une nuit pas tout à fait blanche, mais une nuit à remplir le bac à recyclage, vider la table de ses coupures de presse, farcir les pages de l'agenda, pondre des idées, me mouiller pour des résolutions plutôt pratiques. Surtout pas de voeux pieux.

Me levant plus tard que prévu, j'ai quand même pu aller pour une prise de sang de routine. L'opération passant de trimestrielle à semestrielle, bien vite j'ai perdu la routine, pour redécouvrir les fils d'attente, les têtes de gens sans âge comme moi, résignés, dans les couloirs transformés en salle de patience. Rien de changé, mes veines fuient toujours. L'infirmier tâte mes deux bras, l'un après l'autre, avant de décider à me piquer sur le dos de la main. Je grimace comme d'habitude, sans oublier d'indiquer que je suis allergique au sparadrap. Mon petit bandage, comme toujours, fut retenu par un ruban de papier qui ... ne colle pas, comme d'habitude. Quand tout fut terminé, j'avais été à jeun depuis seize heures de temps. Et verte.

Rendez-vous au centre-ville et retour en métro. Alors que je n'ai pas pris de poids depuis les jours festifs, j'ai quand même mis en marche le plan d'amaigrissement pour l'an nouveau. Oh, rien de spectaculaire, seulement réaliste. Tout comme pour l'objectif de lecture, où j'ai décidé de lire en alternance un bouquin ardu et un roman. Ainsi, le livre qui prendra plus de temps sera suivi d'un roman que j'avale plus souvent qu'autrement tout rond.

Il y a aussi tous ces plans d'action et des projets que je brode au fil des heures et des jours. Et ce cahier de charge, et ce carnet de commandes. Des chiffres et des heures que je jauge et suppute. J'ai besoin de croire pour bien faire. De m'ériger en système. Est-ce un défaut?

Hier soir, après le lapin que l'on m'a posé alors que l'on devait venir visiter l'autre demeure qui est toujours inoccupée, la tension est tombée pour moi. Je fus donc inefficace devant une soirée creuse, payant pour la nuit presque blanche précédente.

Mais aujourd'hui c'est un autre jour. Métro encore pour aller voir mon coiffeur dans le Vieux-Montréal ce matin. Après avoir mis en mijoteuse cette recette de rôti trouvé dans le journal, avant Noël. Une recette de chef qui m'a fait acheter mon litre de rouge, du thym et du romarin frais. Mais le plat ne me plaît pas vraiment. Demain, je ferai un pot-au-feu selon ma recette habituelle.

Au cours de la journée, l'un soutenant l'autre, nous avons travaillé. En commençant par ce qui a attendu depuis longtemps: honorer tous ces cafés et ces visites promis aux anciens clients. Du même coup, explorer d'autres débouchés. Travail hautement relationnel et prospectif.

Ce soir, rendez-vous à la rive sud. Plaisir de revoir des gens. Le téléphone, les courriels ne remplaceront jamais le face à face. Et les embrassades. En contrepartie, il y a ce verbiage infini qui m'épuise. Mais, on n'a rien pour rien ...

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