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Depuis hier, nous sommes chez fifille et son fiancé. Les fils dormaient dans la voiture, récupérant tant soit peu de leurs précédentes courtes nuits. Mais nous avons réussi à partir assez tôt, le coffre chargé à bloc, même nos genoux étaient réquisitionnés pour les indispensables, comme médicaments ou ordinateur, ou les retardataires que nous avons décidé d'amener in extremis.
Depuis hier donc, je suis avec tous mes enfants, bonheur sans nom que je ne décrirai pas. Les garçons découvrent la nouvelle maison de leur soeur, mais il est clair que la région ne les intéresse guère. Le fait d'être en famille, par contre, les transporte autant que moi. Les jeux de société les animent tous à l'unisson, avec leur soeur. Hier soir, lui et moi furent entrainés dans un jeu appelé Cranium, où nous fûmes gauches mais crampés de rire.
Aujourd'hui, grasse matinée et sortie en traineau à chiens. Nous sommes tous habillés de la tête au pied chaudement, alors que la température est douce. J'avais un pantalon de neige d'homme trop grand pour moi, un long manteau, un casque de lainage. Nous avions quatre traineaux, vingt-quatre chiens et quatre guides. Deux heures et demie de randonnée sous un ciel couvert, dans les bois, par des pistes qui montent et descendent. Parfois, un attelage s'arrêtait net, s'accrochant dans une souche à moitié cachée sous la neige. Aux virages, le traineau penchait dangereusement, ou versait son occupant sur le côté, sans cérémonie. Les chiens ne sont pas gros comme je l'imaginaient, la randonnée était belle sous les tonnelles formées par de petits troncs d'arbres et d'arbustes chargés de neige. Nous passions par une source d'eau limpide, un tipi coloré. Toute l'entreprise est montée pour des touristes de partout ailleurs. Notre provenance montréalaise n'impressionne donc guère et nos guides sont sympathiques, sans être mercantiles.
L'expérience fut bonne, et coûteuse. Voilà chose faite. J'ai quand même gelé des orteils et des doigts. Ce soir, je suis courbaturée même si j'étais celle qui était assise tout le long. Les jeunes hommes, même s'ils étaient debout sur le ski arrière, courant ou aidant leur guide, sont toujours aussi en forme, mangeant tout sur leur passage, jouant leurs jeux, échangeant entre eux par allusions et sous-entendus absolument incompréhensibles pour moi. À force de faire répéter, j'ai fini par laisser faire, me contentant d'être là, avec eux, bercée par leur brouhaha.
Ce soir, champagne et foie gras, oh, juste pour la forme. Embrassades et dodos. Voilà, nous avons basculé dans la nouvelle année. Bonne année 2010.
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