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Depuis hier, j'ai le sentiment de ces jours vides qui passent trop lentement. Le goût des jours fades qui ne passent pas, alors que par réflexe l'on se dit que s'il en est ainsi c'est parce que l'on a fait quelque chose de pas bien! Nous sommes bien partis tous les deux pour trouver ces quelques cadeaux, mais nous circulions aux abords des centres commerciaux sans y entrer, craignant la cohue annoncée par ces parkings bien pleins.
À la radio, on nous parle de l'augmentation du taux d'endettement des ménages. Ne me demandez pas comment! J'ai la réponse du pourquoi du mauvais goût évoqué plus tôt. C'est à cause du combat entre le coeur et la raison, entre la tentation des cadeaux pour tous ou les cadeaux raisonnés bien choisis seulement, entre largesse et petitesse, etc. Je ne sais pas pour vous mais moi je suis remuée jusqu'aux entrailles, déchirée entre valeurs et traditions, volonté et faiblesse. Tenir la digue des dépenses raisonnées, contre le souhait de combler les uns et les autres. Et le voeu de ne faire les choses que pour les bonnes raisons. surtout quand je me dis qu'ailleurs, ou même ici même, il y en a qui n'a rien. Même pas d'amour.
Que le réveillon se passe au plus vite pour que l'on en finisse avec la tentation d'une dernière trouvaille, surtout que de nos jours, les magasins ne ferment pas avant la toute dernière minute.
Cette année, il y a un effort de renouveau, une bonne volonté collective. Nous allons devoir exécuter la recette de quelqu'un d'autre et ajouter dans le panier un cadeau qui serait trouver de préférence dans nos armoires ou sur nos tablettes. De ce qui ne nous sert pas, mais neuf quand même. Effort de visiter nos placards donc, de la maison de campagne jusqu'en ville. Étonnamment, je n'en trouve presque pas, puisque j'ai déjà fait l'effort de vider depuis quelque temps.
Aujourd'hui, j'ai appelé chez une ancienne cliente. Au téléphone, la voix de sa fille. Quand je l'avais vu, il y a dix ans déjà, c'était une petite fille. Je lui donnais quinze ans aujourd'hui, elle en a dix-huit depuis l'an dernier. C'est ainsi que l'on mesure le temps qui passe très vite.
L'autre jour, nous avions acheté quatre pyjamas pour des petites nièces. Nous sommes retournés chercher trois autres, de tailles plus grandes, pour être bien sûrs des tailles qui conviennent. J'aurais à retourner quelques pyjamas, après Noël, mais c'est commode ainsi avec le magasin à grande surface. Le plus drôle c'est qu'une soeur m'a téléphoné pour vérifier la taille des petites. Parce qu'elle est entrain d'acheter la même chose! C'est pour dire combien la marchandise est banale, combien les choix sont conditionnés, si l'on ne fait pas le pari du luxe et de l'originalité.
Au registre des bonnes trouvailles, nous avons choisi des billets de spectacles pour le beau-frère, des coupons de cinéma pour ses enfants. Mais j'ai laissé tomber l'idée d'autres billets de spectacles pour un frère et sa petite famille. L'expérience de l'an dernier n'a pas été concluante.
Ce soir, un ami viendra faire un ménage et quelques sauvetages dans mon vieux Fujitsu. Occasion pour nous de bavarder longuement. Confidences s'en suivent. À notre âge les plans de croissance et de créativité personnelles sont toujours bien mûris, quoique intuitifs, mais pas des coups de tête impulsifs.
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