|
La veille j'avais tisonné le feu de foyer jusqu'à très très tard dans la nuit. J'étais hors du temps. J'étais plus confortable dans cette chaleur qu'en ville, dans la maison froide.
Hier matin, nous nous sommes arrachés de cette douceur pour aller chercher ma soeur la swami à l'ashram des Laurentides. L'amener visiter mes parents une autre fois. Manger un repas végétarien très très frugal, préparé par ma mère. Et puis nous l'avons amené à l'aéroport pour son retour en Californie.
Est-ce parce que j'étais en manque de protéines, ou est-ce parce que j'avais trop faim, j'avais fait une razzia à l'épicerie orientale. Un beau bar rayé frais, une autre épaisse darne de mérou, des homards frétillants, des os pour le bouillon, deux kilos de porc pour mariner, du gingembre et de la coriandre. Le fils qui est venu faire sa lessive a donc grignoté beaucoup d'os et de viande, comme son père, et un peu de poisson pour me faire plaisir, comme son père. Et moi, j'avais mangé beaucoup de poisson et peu de viande pour terminer.
Mes repas pour les prochaines jours sont donc tout indiqués. Si je peux me concentrer enfin pour finaliser la question des cadeaux. Et si je commence par emballer les premières trouvailles, je serai encouragée!
Aujourd'hui, le bar rayé du midi fut un vrai delicatessen, tel que je l'ai servi. «Mettre le bar sur une assiette, garnir de gingembre, de vin de riz et la moitié des oignons verts et cuire à la vapeur de 8 à 10 minutes». Pas de vin de riz dans mon cas, et cuisson d'un bon 10-12 minutes. «Dans une casserole, chauffer de l'huile jusqu'à ce qu'elle soit fumante, ajouter les oignons verts restants et faire revenir jusqu'à ce qu'ils soient juste tendres. Répartir sur le poisson, arroser de sauce de soja claire et servir immédiatement». J'ai utilisé la sauce de soja restante du dernier sushi servi à ma table. D'ordinaire, le poisson est servi entier, avec tête et queue. Cette fois-ci, j'ai dû le couper parce qu'il ne peut entrer entier dans l'étuveuse que j'ai.
Lui décrète que mon poisson est très bon, surtout le fumet de poisson en sauce sur du riz blanc. Sauf qu'il mange trop vite, pioche dans le poisson avec sa fourchette, le mettant ainsi en pièces, avalant une arrête de travers, etc. Se levant même de table, lavant sa propre vaisselle, rangeant l'étuveuse, etc. Mais je l'ai rappelé, lui montrant comment je détache le poisson, lui servant un autre morceau tout beau, lui disant de le savourer lentement. Au fait, je n'ai pu savourer moi-même qu'après qu'il soit sorti de de la pièce, me laissant tranquille avec le plat. Que voulez-vous, le poisson, c'est culturel!
Cet après-midi, après une petite heure de révision d'écriture, je suis allée au cours de chinois, le dernier de la saison. Session laborieuse mais intéressante. Je pourrai certainement tenir une petite conversation mais de là à écrire couramment, j'en suis très très loin.
Ce soir, potage et homard à la nage. Soirée tranquille en perspective.
hier |