15 décembre 2009
Vers l'inévitable

Hier, tôt partie pour visiter mes parents, j'ai aussi acheté quatre-vingt nouvelles cartes. Plus de la moitié sont parties, adressées et postées. Résistant à l'envie de trainer le Toshiba, et la base de données, avec moi, nous sommes partis à la campagne en emportant que la demie-douzaine de cageots de clémentine vides qui me serviront de petits bois.

Ciel gris et plafond très bas. En voiture, je dormais, émergeant de la base de données. Tous ces noms, sans me donner des cauchemars, m'entrainent dans des histoires passées de la vie des gens, en plus des suppositions sorties de mon imaginaire. Comme si j'ajoutais des bouts de vie à ce beau monde que j'ai connu et que je connais encore plus ou moins, au fil des contacts.

Au marché à St-Sauveur, je me disais vidée et cherchais à trouver quelque chose à manger «qui me fera plaisir»! Lui me proposait un beau morceau de filet mignon, comme il ne me connaît pas! Une grosse boîte de conserve de chair de homard alors, bel effort, mais non merci, en conserve et à ce prix-là!

J'avais trouvé ce qu'il me fallait, en plus de deux grosses dindes et un rôti d'agneau pour les semaines à venir.

Autour de la maison, beaucoup de neige déjà. Dans la maison encombrée, le froid typique des maisons inhabitées! J'allumais immédiatement mon feu de foyer et installais une nappe sur la table à café, tirais la table près du canapé, faisais chauffer de l'eau sur la cuisinière au gaz pour faire cuire les haricots verts.

Nous avons ainsi piqueniqué devant le bon feu, festoyant d'une baguette de pain, de pâtés de foie, au poivre pour moi, à l'ail pour lui, d'un camembert et des kakis bien mûrs. Ce fut très bien ainsi.

Je crois que j'ai décidé de louer la maison du nord de temps à autre, comme je le faisais déjà, il y a huit ou dix ans. Pour le faire, je vais déménager tout le pan de mur de bibliothèque de la salle de télévision vers le boudoir d'en haut. La pièce sera remplie, certes, mais je ferais posée une porte et fermerais à clé. Quand au reste de la maison, ça ne me fait rien.

Soirée paisible dans la maison réchauffée. Mais nous sommes quand même revenue depuis hier soir, tard. Lui avait oublié un rendez-vous avec un des fils ce matin. Et puis, moi aussi. Mes parents m'inquiètent encore et je suis retournée les voir aujourd'hui.

Ce soir, laissant partir lui seul au cinéma, je suis retournée dans la base de données, me trouvant à envoyer d'autres cartes encore. Mais avant, je lisais par bribes, tantôt pour moi-même, tantôt à haute voix pour lui, cet essai sur notre époque, de Nicolas Lévesque. On y trouve des trésors qu'il m'est impossible de citer. Ce serait aussi injuste que de détacher des perles d'un collier!

Je n'arrive pas à me mettre dans la tête que Noël c'est bientôt! Peut-être devrais-je me faire un compte à rebours vers l'inévitable?

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

--> 1