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Je suis entrain de piger dans la pile du magazine Times de l'an dernier. J'adore cette lecture avec recul. Je suis sûre qu'on y savoure des informations plus consistantes que la lecture précipitée à la recherche de nouveautés. Dans les numéros d'octobre de l'an dernier, les éditorialistes jonglaient encore sur les mérites du prétendant au bureau Oval. Cette année, le président reçoit le prix Nobel de la Paix. Alors que les cinq pages intitulées «A Tale of Two Wars» (l'Iraq et l'Afghanistan, évidemment) du journaliste Andrew Lee Butters sont toujours très actuelles. Ironie! Pas que le Nobel de la Paix de cette année, mais aussi plusieurs prix antérieurs, certains plus vains que d'autres, sont suivis de polémiques et critiques.
Celui de 1973 honorait les acteurs qui ont changé la face du Việt-Nam. Vous connaissez la suite, une diaspora vietnamienne éparpillée dans quatre-vingt pays, estimée à: 1.300.000 personnes aux Etats-Unis, 250.000 en France, 300.000 en Russie et dans les pays de l 'Est, 120.000 au Canada, 100.000 en Allemagne, 110.000 en Australie, 100.000 en Thailande, 30.000 au Royaume-Uni, etc.
Hier soir, j'ai mangé avec des amis vietnamiens. L'un d'eux, très spirituel, est entrain d'apprendre à psalmodier les mantras à la manière traditionnelle du Centre du Việt-Nam, de Huế plus exactement, cité impériale. Ce qui l'amène à se questionner sur qui il est au juste. Son père est de Huế, sa mère est d'ailleurs, lui-même est né à Đà-Lạt. D'une boutade, j'ai coupé court à ses jongleries: «Mais tu es québecois, voilà tout, depuis quarante ans quand même!» Malheureusement. Sans pour autant dénigrer la vie grasse que nous avons acquise ici!
Aujourd'hui, soleil et vents d'automne. Longue fin de semaine très tranquille. Après avoir mangé une bonne soupe épicée à la façon de Huế justement, nous sommes allés faire un tour au cimetière de Notre-Dame des Neiges. Je cherchais la section asiatique où les vietnamiens sont assez peu nombreux parmi les tombes chinoises. Au fait, nous ne cherchons pas vraiment quelque chose. Ce n'est qu'une promenade automnale dans une ville au ralenti. Nous goûtons plutôt à un point d'équilibre, lui et moi ensemble.
Au retour, un peu de bricolage ensemble. Un ragoût préparé en attendant un fils, l'autre s'est désisté. À l'horizon, quelques jours de vacances bientôt, et un projet à explorer. La vie douce.
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