06 Juin 2020
Entre deux portes

Des plages de quiétude dans ma maison du nord. La salle de séjour est installée, nous avons trouvé enfin une place pour la lampe d'aspect moderne, voire futuriste. Nous avons accroché aussi quelques tableaux, non pas des plus beaux mais ceux qui nous attachent à de lointains souvenirs. En même temps, je met au rebut d'autres témoignages du passé.

Hier soir, à la dernière minute, nous avons décidé de rentrer en ville garder ma mère pour vingt-quatre heures, le temps de battement entre les gardes de mes deux frères. Le troisième ne peut pas prendre de vacances, deux de mes soeurs se déclarent inaptes pour le moment, une autre est inapte pour vrai, la dernière, la swami, n'est pas ici du tout. Ainsi, de ses neuf enfants, ma mère n'en a pas assez. Quand elle était plus lucide, elle se déclarait enchantée d'être si bien entourée et d'un ton badin, elle disait que si elle savait elle en aurait fait dix-huit, au lieu de neuf.

Me voilà donc aujourd'hui dans ma maison de ville avec quelque impatience. Nous avons profité de l'après-midi pour faire le ménage dans nos vieux dossiers entreposés dans le cagibi, faisant de la place pour d'autres des six dernières années, le nombre d'années où nous sommes tenus de les garder. En fin d'après midi, Lui s'est surpris de se dire qu'il s'ennuyait de notre maison de campagne. Je suis sûre qu'il pense à l'ambiance paisible qui y règne.

Nous avons laissé tomber l'idée de faire installer un solarium trois saisons qui me servira de serre de transition, me permettant de retrouver mes arbres plus tôt au printemps et de m'en séparer plus tard en automne. Déjà que je profite de mes arbres moins longtemps que mes amis de Montréal. Mais je ne vais pas investir beaucoup d'argent, avec l'idée que je ne sais pas combien de temps je vais en jouir vraiment.

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