14 mars 2017
Ma grande amie

Ce midi, le téléphone a sonné. Sur l'écran je vois le nom de ma grande amie de Québec que nous comptons visiter bientôt. Ce n'était pas elle mais sa fille au bout du fil m'annonçant son décès la veille. Elle n'est donc plus, ma grande amie avec qui bouquiner, à Québec ou à Montréal. Son départ n'est pas une surprise mais quand même.

La veille, j'ai eu froid. Non pas dans l'atelier qui était chauffé par un poêle à granule, mais dehors et dans la voiture de la compagne. Il est vrai que sa voiture passe la nuit dehors et non au garage comme la mienne. Les orteils gelés, le corps ne résiste pas non plus. J'ai travaillé sur le if, moi-même haubanant et ligaturant. Il a plié sans craquer. Une demie-heure avant le départ, me sentant pas tout à fait dans mon assiette, j'avais déjà rangé mes outils, préférant ne pas entamer d'autres travaux. Mais j'aurai pu photographier mes arbres qui ont tous bourgeonné. Le printemps est joyeux dans cette serre chauffée.

Sur le chemin du retour, j'ai vraiment dormi, laissant mes deux compagnes dans leurs échanges personnels.

Je n'ai pas compris au téléphone l'heure du décès de ma grande amie. Maintenant, je me demande si c'est plutôt à ce moment-là que j'ai eu grand froid. Ou bien, même avant que son dernier souffle l'eut quitté, je n'étais pas tout à fait moi-même, m'épuisant pour si peu.

Grosse tempête hivernale aujourd'hui. Bien au chaud, j'ai le vague à l'âme. Non pas à cause du départ de ma grande amie, mais ça y est pour quelque chose. Non pas à cause des dossiers, anciens et nouveaux. Ou de rien en particulier. Peut-être parce que j'ai vraiment envie de calme et de sortir de la ronde des actions et événements. Mais en vérité, je suis toujours accrochée à la roue de la vie, avec ses joies et ses peines, une roue qui tourne vite.

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