10 mai 2016
De l'urgence

C'était émotif hier quand j'ai pu m'asseoir parler tranquillement avec Lui pour essayer d'explique mon état d'esprit des dernières semaines. Sans l'avoir décidé à l'avance, j'ai parlé de l'urgence, non pas dans le sens de vie ou de mort mais dans celle de vivre au présent dans le sens qu'on aurait choisi de vivre. Pour le reste de la vie lucide.

Ébauche d'une orientation à moyen terme. Mais au court terme, la réunion du triumvirat qui suivait, foisonne d'idées et d'actions. Comme si le moyen terme ne sera que la continuation du court terme. Volontairement, je ne définis pas la durée des termes, laissant place aux opportunités et à l'improvisation.

Aujourd'hui, nous partons pour deux jours à Québec. Visiter la grande amie, certes, mais l'intention est surtout de couper le fil du quotidien à Lui, si parsemé de détails qui m'épuisent. Au fait, c'est dans l'intention de le préparer à la détente que j'avais amorcé les échanges d'hier. Pour qu'il ne poursuit pas exagérément ses communications électroniques tout azimuts, parfois par bravade, mais plus souvent qu'autrement pour tester les diverses applications technologiques.

Pour partir, je commence par faire quelque ménage dans ce que je laisse derrière, sur le comptoir de cuisine, sur mon bureau, sur la table de la salle à manger. Ensuite, je prépare les collations que j'apporte, les fils pour recharger le macbook air, le iPhone et l'appareil photo. Oui, j'ai aussi mes gadgets. Le carnet pour écrire, le livre à finir. Les médicaments, les gouttes pour les yeux. Ensuite seulement quelques vêtements. Strict nécessaire de toilette, sérum pour le visage, une crème. Une robe, des collants, un chandail, en plus de ce que j'ai sur le dos.

Les arbres sont arrosés abondamment. Les engrais organiques sont appliqués hier.

La route fut épuisante, plus que d'habitude. La chambre d'hôtel est correcte. Souper ce soir avec la grande amie qui s'anime à mesure que la soirée avance. Nous sommes très heureux de la rencontre, non pas dramatique mais tout à fait normale, mis à part le fait que la mort fait partie des sujets de conversation. Dans deux jours, sa deuxième dose de chimiothérapie puis dans trois semaines on s'aura quelle direction prendre, espoir ou pas. Nous nous sommes donnés rendez-vous à la mi juin à Montréal. Advienne que pourra.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale