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Deux jours à poser un pied devant l'autre pour ne pas que broyer du noir. Deux jours sans mettre le nez dehors.
Repasser trois nappes après avoir laver la fleurie, celle qui représente l'arrivée du printemps pour moi. Elle sera rangée jusqu'à l'an prochain. La nappe provençale décorée de lavande, achetée à Arles, a raté son été. À l'an prochain aussi. L'autre, damassée et discrète, se prépare à recevoir de nouveaux clients peut-être, juste avant la fin de semaine.
Un pied devant l'autre toujours, je prend la décision de ne pas manger de viande plus qu'une fois par jour. Soupe à la courge butternut et chou-fleur pour un déjeuner. Simple aubergine en ratatouille pour la veille.
Je cogite sur la saison culturelle prochaine qui s'annonce. Décision à prendre sur les cours de bonsaïs à prendre ou pas.
Hier après-midi, malgré l'humeur maussade, nous sommes partis à la campagne. Dans la maison, j'ai encore feuilleté «Dans la gueule du temps» de Julien Green. Ce regard qui a traversé le siècle me touche plus que jamais en ces temps troubles où tout va de travers. Faut-il que j'énumère: les guerres et les massacres et les maladies terribles. Non, je ne vais pas citer ces noms maudits. En date de ce jour, tous les journaux du monde mettront les générations futures au parfum de nos erreurs. Pendant ce temps-là, la société actuelle garde leur semblant de sérénité en se singeant à l'infini, hilares et niais. Est-ce leur façon de poser un pied devant l'autre, en vain.
Déposant ce journal imagé, je reprend «Souvenirs des jours heureux» du même auteur. Ma grande amie de Québec, fervente de Green, sera fière de moi quand elle le saura.
Souper sur la rue principale à Saint-Sauveur avec deux amies, compagnes du voyage de Chine. Très belle soirée animée et plaisante. Levée définitive de la chape de plomb, j'espère.
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