|
Hier, c'était une autre journée de préparatifs de voyage. Je dirais même que nous n'avons jamais été aussi préparé. Lui a même enregistré sur GPS nos itinéraires en Toscane en voiture. Et moi, je n'arrête pas de fignoler le contenu des valises.
Hier soir, souper avec les trois fils et la copine dans un restaurant local bien connu de tous, du moins ceux qui ont grandi comme les quatre jeunes adultes dans ce quartier-là. Un «diner» comme dans les années 50, le «jukebox» en moins, au demeurant tel quel depuis que nous le connaissons, il y a environ vingt-cinq ans. Il y a la section des banquettes droites à l'étroit. Comme nous étions six, nous étions les seuls à être installés dans la section salle à manger où c'est le même décor suranné, sauf que nous avons une table rectangulaire et une nappe. Pour une des rares fois, sinon la seule fois, Lui et moi nous sommes installés chacun à un bout de la table. Les jumeaux d'un côté, le benjamin et la copine de l'autre. Le fait que nous soyons ailleurs, en territoire neutre, ne nous cantonne pas dans notre rôle de parents. Aussi, en étant assis ainsi, et non côte à côte, nous ne formons pas le bloc des parents contre le bloc des jeunes.
Je ne sais pas si c'est l'endroit bien plongé dans leurs racines conscientes, la disposition à table, ou le fait que nous allons partir, ou simplement parce que nous avons devant nous de vrais adultes, la conversation en groupe ou en privé a été harmonieuse.
Oui, les enfants vont se relayer pour venir arroser les plantes et les bonsaïs, ces derniers nécessitant leur présence plus assidue. Il faut donc que je note les instructions pour chaque bonsaï. Nous nous sommes informés de leurs besoins en notre absence. En cette session académique nous avons de nouveau trois jeunes adultes aux études à temps plein, avec soutien des parents bien entendu.
Aujourd'hui, frénésie! Matinée en réunion aux affaires d'éthique, réunion dense et efficace. Début après-midi, rencontre et entente avec la collègue de remplacement qui accueille le dossier bien élégamment. J'en suis soulagée. Et puis nous courons pour trouver un ophtalmologue en urgence pour mes deux yeux tout rouges depuis trois jours mais aujourd'hui c'est plus aggravant. Sans rendez-vous, en urgence, il faut payer un peu puisque la carte d'assurance-maladie ne couvre pas tout. Je craignais une réaction aux nouveaux médicaments, ou un surplus de vitamines. Que sais-je? Mais ce n'est qu'une conjonctivite que je fais mieux de soigner avant d'embarquer dans l'air confiné et recyclé d'un avion. Ma trousse de médicaments ne cesse de grossir!
Ce soir, fifille est venue manger avec ses filles. Elle avait besoin de faire quelques courses, d'abord prévu avec moi. En fin de compte, après souper, nous avons gardé les petites et elle y est allée seule. J'avais donc cuisiné mes darnes de saumon, une soupe légumes et pâtes alphabet pour les petites. Je me prêtais de bonne grâce aux jeux imaginaires de la petite. Et j'offre mes bras à la bébé tant qu'elle le demande, elle qui n'est pas tout à fait dans ses meilleurs jours. Grand-papa lit une histoire, fait le train avec plaisir.
Mais ce soir, jusqu'à 2h du matin maintenant, je viens de m'investir à fond dans les bonsaïs. Je met de l'engrais, je rempote les petits dans de plus gros pots pour favoriser un espacement d'arrosage, répit pour les fils. Mais aussi pour faire grossir les nebaris, selon mes recherches. Je relis ma documentation tout en cherchant d'autres sur la toile. Et puis, j'ai eu comme des révélations sur ce que je veux faire avec chacun d'eux. Taille de structure d'hiver dès que l'Acer palmatum aura perdu toutes ses feuilles. Des feuilles qui se sont mises à se dessécher rapidement depuis ce matin. L'Acer ginnala lui s'est vêtu de feuilles jaune oranger. Rien de spectaculaire puisqu'il n'a jamais été défolié, ni même rempoté encore. J'ai aussi trouvé le nom latin de John Doe qui grandit si bien, en le rempotant, j'ai donné une inclinaison plus accentuée à son tronc. Le Brazilian raintree aussi a été rempoté, après une taille, comme si je coupais les ailes déployées de cette espèce qui est un défi, sous sa forme bonsaï, sinon, il pousse vite comme un légume. J'apprend beaucoup sur mes deux genévriers, l'un à écailles l'autre à aiguilles, les deux se comportant très différemment. La vision de mes bonsaïs installées à la campagne, à l'extérieur est maintenant beaucoup plus claire. Le bougainvillier, toujours dans son petit pot, présente maintenant une toute nouvelle branche dotée de huit jolies feuilles. Comme il récupère, je n'ose pas le changer de pot tout de suite. Mon buis adoptera un style balai, j'ai décidé très tôt. Les deux plus vieux, le Ficus et le Grewia poursuivent leur bonhomne de chemin avec un petit coup de pouce d'engrais organique.
Le cactus de Noël pleine de bourgeons de fleurs et le Belle-de-jour profitent maintenant de l'éclairage de l'étage du haut.
Très satisfaite de mon avancée en bonsaïs! La «piqûre» m'est revenue. Et si je m'inscris à un cours de bonsaïs sur les ifs qui sera dispensé ... deux jours après mon retour. Et un autre cours de perfectionnement la semaine d'après. Il faut que j'envoie mon inscription d'ici demain. Et aussi, je vais envoyer un peu d'engrais organique dans une enveloppe à la cousine pour son ficus ginseng, comme je n'aurai pas le temps de le lui apporter.
Il faut absolument que j'aille me coucher, alors que je peine à me détacher des bonsaïs et de mes pensées galopantes.
hier |