01 mars 2013
Le mois tout neuf

Je joue. Au sudoku. Obstinément, comme ces jeunes accrochés à leur clavier, j'imagine. Les mots croisés et le sudoku sont sensés faire travailler les méninges pour repousser l'alzheimer, semble-t-il. Mais je n'en plus si sûre quand c'est une obsession pour aller plus vite, se battant contre un sablier, puis recommencer encore et encore. C'est débilitant je trouve. Mais c'est ce que je fais depuis deux jours.

Ainsi, je ne m'installe pas à la télévision, je ne me lève pas pour aller grignoter. Pesant, calculant, supputant points et poids. Et cuisinant lourdement, penne regate, viande hachée, saucisses italiennes piquantes. Le tout remplit mon frigo mais je ne les mange pas, vous pensez bien. Ainsi je me sens comme roulée en boule, bien rythmée dans ma tanière. Cuisiner, tout laver, tout ranger. Puis re-cuisiner et relaver. Et je repense à cette ancienne connaissance qui disait il y a longtemps qu'elle ne cuisine jamais autant, gâteaux, tartes, etc. que lorsqu'elle-même est à la diète.

Un saut chez le coiffeur hier, non pas pour une sortie mais rien que pour me sentir bien. Je ne sais pas si c'est à cause de mon peu de cheveux ou parce que je lui déclare être pratiquement à la retraite, il a décidé de couper le prix pour moi dorénavant, «Just for you!» disait-il.

La petite a pris son rythme et sa routine à la garderie. Je suis si soulagée que je ne me permet pas de la déranger en semaine, sans le sentiment de devoir y aller à la rescousse non plus. Alors je passe de jour un peu pour voir la bébé. On dirait que je vois mieux fifille quand la petite n'y est pas. Climat d'accalmie, après la bousculade des derniers mois.

Alors que les ténors du clan s'activent pour dénicher une grande maison dotée de huit chambres, pas trop chère, à North Myrtle Beach pour nos vacances prochaines, je retiens mon souffle, ne parle plus de voyage pour le laisser Lui se concentrer sur ses dossiers qui dandinent doucement.

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