27 février 2013
Nature et nature humaine

Hier soir, je suis sortie prêter main forte, avant de courir vers cette conférence de bonsaï. D'abord, la main forte est-elle concluante, rien n'est sûr, puisqu'il y a de la compétition dans les parages. Conférence intéressante, non pas parce que je veux courir les bois à la cueillette de yamadori mais j'admire ces hommes qui savent allier patience, amour de la nature et sens de l'esthétique.

Aujourd'hui, rendez-vous à l'hôpital Saint-Mary's. Sous la neige fraîche et lourde, je marchais plus loin que d'habitude, non pas que parce qu'il manquait de place de stationnement plus près, mais parce que j'ai décidé de me reprendre en main. Une journée à la fois.

Peser les portions, calculer les points. Penser à l'avance au prochain repas. Se dire: «Je suis fière de moi au cours des dernières douze heures.» Ce fut une révélation et une motivation pour les douze prochaines.

Ce soir, «Les Muses orphelines» que j'ai déjà vu sans me rappeler vraiment. Pire encore je pensais que c'était du Tremblay, mais c'est plutôt de Michel Marc Bouchard. Il était question de ces quatre enfants abandonnés par leur mère il y a vingt ans, un geste qui les a marqués au fer rouge. En filigrane, le détresse de l'isolement, les communautés fermées sur elles-mêmes. Et la femme qui s'émancipe. En a-t-on le droit quand on a des enfants? Même si cela signifie s'enterrer vivante pour le reste de ses jours. Quand nous en avons reparlé au retour, Lui disait qu'une telle mère est foncièrement égoïste, moi je disais que c'est parce qu'elle ne savait pas qu'il y a d'autres vies après. Qu'est-ce qu'elle disait déjà, la Laura de «The Hours», sous les traits de Julianne Moore: «It [her life] was death. I chose life.» Clairement, nous ne sommes pas de la même trempe de femme.

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