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Il a fallu un effort hier pour nous arracher de notre demeure à peine retrouvée, en ville, pour partir jusqu'ici, à notre maison de campagne. J'avais perdu jusqu'aux saveurs et couleurs de l'ici après tant d'ailleurs. Je peux comprendre ceux qui partent pour quelques mois ou quelques années en des contrées lointaines et qui perdent absolument le goût de revenir à leur point de départ, aussi chéri soit-il. N'avons-nous pas déjà discuté avec notre amie de là-bas de scénario d'établissement plus ou moins durable?
Hier donc, j'avais vidé mon frigo de ville pour les trimballer avec moi. Les viandes achetées la veille et ce qui les accompagne. À contrario, une seule robe de lainage fut ajoutée au baise-en-ville rouge que Lui prépare toujours, chaque fois que nous allions à la campagne. Pour quatre jours comme cette fois-ci ou un seul.
L'arrivée dans une contrée très enneigée comporte son lot de charme. Mais la maison m'a laissée froid. Jusqu'au moment où j'ai apprivoisé la place en y retrouvant les gestes familiers. Balayer le devant de cheminée, disposer des cendres, corder du bois. Inventorier le frigo vide, vider le vieux toshiba de centaines de courriels accumulés. Au passage, j'envoie quelques messages de voeux à certains. Accepter de nouveau les travers de cette maison et son contenu ramassé au fil du temps.
Aujourd'hui, nous sommes allés à l'épicerie nous ravitailler pour recevoir une vingtaine de personnes, le clan en formation réduite. Quelques coups de fil donnés pour m'assurer que ma mère sera de la partie. Dès ce soir, deux fils, la copine et un neveu viendront nous rejoindre. Je suis enfin prête à recevoir. Mais est-ce que je suis prête pour l'an 2013?
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