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C'était un enterrement hier. La famille du beau-frère était là au grand complet, certains venant de l'Ouest canadien. Nous étions dans la Petite-Bourgogne, étonnant quartier où côtoient bâtiments placardés et luxure de la pierre du début du siècle dernier. L'église Saint-Gabriel
nous accueille dans ce berceau montréalais des Irlandais. Je suis fascinée par ces pans d'histoire.
C'est un mariage aujourd'hui. D'abord au palais de justice en après-midi, ensuite dans un restaurant ce soir. J'étais d'humeur variable toute la matinée, courant vers le vieux perchoir pour un rendez-vous de visite, habillée déjà de pied en cap pour le mariage civil, mangeant la moitié de ma salade, avant de recourir plus vite encore, avec Lui au volant. De mon quartier au nord de Montréal vers la rive sud. Je n'ai jamais eu autant à faire à la rive sud que depuis mon déménagement!
Faut-il noter que pour un mariage civil, comme ça se déroule très vite, arriver trop tard veut dire tout manquer! Nous sommes arrivés tout juste, grâce à la conduite automobile audacieuse à Lui. Le seul dommage fut que mon appareil-photo, tombant de mes genoux dans la voiture, s'est retrouvé avec son écran brisé en étoile.
Ce soir, nous sommes arrivés tôt au restaurant. Pour un petit mariage c'est quand même près de cent personnes. Restaurant italien, menu abondant. Les fleurs sont magnifiques. La mariée est souriante comme au premier jour que je l'ai connu, à Hà-Nôi, en 2002. Au cours de la soirée, j'ai maintes fois repensé à l'expression «la jeune fille du Viêt-Nam» que je lui dédiais ici, sur ces pages, il y a sept ans. Une jeune femme qui a changé de vie et de condition sans jamais se départir de sa persévérance, de son calme, de sa personnalité. De son sourire. Une perle.
Il y a très longtemps que je n'avais plus dansé. J'étais même sûre d'avoir tout oublié de ces compétences non apprises en bonne et due forme. Mais avec Lui qui ne tient pas en place, et oui, j'ai dansé quand même. Pas comme tout le monde, mais comme Lui et moi avons toujours fait, aux rares occasions.
J'ai très hâte de voir la photo familiale que j'ai dû demander à mon frère de prendre.
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