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Hier matin, j'étais en voiture, sur la banquette arrière, avec la petite. Fifille en avant, le gendre conduisait. Nous sommes partis à la campagne où je ne suis pas allée depuis deux mois au moins. D'habitude, à voir les courriels qui s'accumulaient sur le vieux toshiba là-bas, j'aurai eu la date de la dernière fois quand j'y étais et les effaçais. Mais nous y sommes allés si peu que Lui a même annulé le service internet. Donc, je ne sais même plus depuis quand.
Je disais donc que j'étais en voiture avec la petite famille et je me disais que je chérirai cet instant-là. La petite a ce joli minois qui m'émerveille et chantait avec ses parents: «Doucement, doucement, ...» les paroles d'une chanson que je ne connais pas. Leurs voix douces, les mots délicats, un instant privilégié.
Arrivés sur les lieux où l'un des fils y étaient déjà, nous avons mangé et bavardé. Rien que des moments d'exception pour moi. À la fin du jour, Lui est venu aussi, après son dernier rendez-vous en ville. Instantané après instantané, nous jouissions des moments précieux avec la petite. Elle ne s'en rappellera pas mais elle est sur la route de la constitution des souvenirs, moment après moment, comme brique par brique, avec ses grands-parents. Quand à nous, pleinement conscients, nous faisions provision tout simplement. Lui s'est assis sur la véranda avec la petite. J'ai apporté un torchon pour laver la table et allumer les bougies électriques, décoration de Noël, derrière la grande baie vitrée. Voir ses yeux émerveillés.
Elle n'a pas deux ans et sa locution nous étonne semaine après semaine. Voir la vie, l'énergie dans un si petit être. Petit mais complet. Une création en soi. Mais de plus en plus je pense au petit bébé qui s'en vient en octobre, en priant doucement pour qu'il soit aussi complet que sa grande soeur.
Aujourd'hui j'ai fait un lapsus, m'adressant à fifille en lui donnant le nom de sa fille.
Tôt ce matin, fifille est venue nous mettre la petite dans les bras avant de retourner dormir un peu plus. C'était comme à Biarritz, il y a un an déjà. Qu'est-ce qu'il y a de plus important que la possibilité d'être là pour nos enfants et petits-enfants?
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