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Ce matin, nous assistons par skype au petit-déjeuner de la petite famille. La petite est radieuse entre ses deux parents. Dire que dans trois semaines, ils seront à moins de quinze minutes de distance. En fait, c'est réfréner l'envie de passer les voir à tout moments qui sera le plus difficile. Déjà nous «négocions» une sortie familiale par mois. Impossible d'instaurer le souper familial du dimanche soir, comme dans le temps avec ma belle-mère, à cause de la nature imprévisible de notre métier et la vie des fils bien entourée de copains de tout horizons. Sans penser, fifille disait d'ailleurs qu'elle veut «vivre» aussi, avec deux seules journées de fin de semaine. Du temps avec les «vieux» parents, c'est donc une parenthèse obligée dans la vie! Il est vrai qu'il y a vingt-cinq ans, je faisais mon devoir hebdomadaire aussi. Ce n'étais pas un poids mais pas une partie de plaisir non plus.
Aujourd'hui, je pense, je fais des recherches et nous discutons beaucoup sur chacun de nos dossiers, mais je n'ai pas de rendez-vous. Je fais donc un peu d'épicerie et cuisine à la place. Refaire ce poulet au citron que je n'ai pas fait depuis plus d'un mois. Retrouver le tapis d'exercice que j'ai négligé depuis deux semaines. Reposer ce rhume et cette toux. Avaler tous mes médicaments, suppléments et vitamines. Compter mes verres d'eau. Surveiller ce petit pincement, baromètre du stress, qui se manifeste, ou pas, chaque fois que sonne mon portable.
Ce soir, retranchée au perchoir, je me sens loin du monde. Repensant aux deux livres que j'ai lus en croisière, «La traversée des sentiments» et «L'art presque perdu de ne rien faire», le Tremblay et le Laferrière, je me prépare à choisir le prochain livre à lire.
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