18 mars 2012
Faux printemps, hiver du monde

Heureusement qu'aujourd'hui, j'ai pris le temps de démarrer la journée à ma façon mais je n'ai pu barrer la porte au tourbillon de la détresse des autres à m'affecter à la fin du jour. Aussi, avec cette chaleur printanière plus que précoce, l'on ne peut que se sentir pousser de l'avant dans le passage des saisons et du temps, sans pouvoir choisir soi-même un temps pour chaque chose, ou une saison à s'approprier.

Fin d'après-midi avec l'Orchestre Métropolitain, porteur de la poésie de Mahler et de Zemlinsky. La première fois que je vois le chef Yannick Nézet-Seguin de si près. Sentir sa passion.

Malgré mon inquiétude, je n'ai pas été incommodée par mon ouïe défaillante pour tout le volet symphonique, ou pour la voix de la soprano, sauf pour la voix du baryton que j'entendais mal. C'est le brouhaha au restaurant ensuite qui m'a impatienté. Suivi de l'aventure dans la noirceur d'un quartier résidentiel de la Rive sud. Détresse des gens, hiver du monde, dossier épineux en perspective. Pourtant, nous ne sommes pas dans un opéra bouffon, ou dans une pièce de théâtre tragi-comique. Les gens, le vrai monde. Un vrai drame, des personnages comme des embarcations sans gouvernail.

De retour au perchoir, j'ai mangé des mangues séchées comme si elles me redonneront une contenance. Très mauvaise idée. Allons dormir, demain je verrai plus clair.

Pour mémoire, notons qu'aujourd'hui aussi, fifille et sa fille paradaient au défilée de la St-Patrick. Inutile de dire que je n'ai pas eu le temps de les revoir avant qu'elles ne retournent en terre abitibienne.

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